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À Jérusalem, les pères gardiens lavent les pieds des pèlerins de qualité (1738)

2 février 2016 | Publié dans Histoires de pèlerins | Écrire un commentaire
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Le lavement des pieds
Entre 1737 et 1738, l’Anglais Richard Pockoke parcourt l’Égypte, la Palestine et la Syrie. Il fut l’un des tous premiers explorateurs scientifiques de notre ère à avoir visité la nécropole de Saqqara. Observateur qui se veut impartial, Pockoke publie à son retour une somme en sept volumes qui couvre l’ensemble de ses 7 années de voyage « dans des pays barbares. »
 
À Jérusalem, il prend note des différentes traditions et pratiques, comme le lavement des pieds lors des cérémonies de la Semaine Sainte :

« Les religieux sont dans l’usage de laver les pieds à tous les pèlerins européens, à moins que ce ne soit des gens de bas aloi, et d’une autre religion que la leur. Cette cérémonie a quelque chose de particulier : on avertit d’avance le pèlerin, et un domestique lui porte de l’eau chaude dans sa chambre, pour qu’il se lave les pieds. Cela fait, il se rend à la chapelle, un capuchon blanc sur la tête.

Le Gardien se place sur son siège, et l’on fait s’asseoir le pèlerin au bout de l’église, le visage tourné du côté du nord. Le gardien met un cordon de soie autour de son cou, s’attache une serviette autour du corps, se met à genoux devant le pèlerin sur un carreau de satin blanc, ayant à ses côtés un prêtre qui plonge les pieds du pèlerin dans un bassin rempli d’eau chaude, dans lequel on a mis à infuser des feuilles de roses séchées. Il prend d’abord le pied gauche, le lave avec les deux mains, et le baise après l’avoir essuyé ; il en fait autant du pied droit. Il pose ensuite le pied droit du pèlerin sur son genou gauche, il le lave et en couvre l’extrémité avec une serviette ; le religieux qui est à la droite du pèlerin relève ses habits avec une serviette ; au-dessus du cou-de-pied, et tous les religieux viennent l’un après l’autre baiser la main du Gardien et ensuite le cou-de-pied du pèlerin.

Il lui donne ensuite un cierge allumé ; et alors tous les religieux, à l’exception du Gardien, se rendent en procession au maître-autel avec un cierge à la main ; et le pèlerin qui les suit s’étant mis à genoux, ils chantent une antienne, accompagnés de l’orgue et de huit enfants de chœur. Ils se rendent de là à deux autres autels, d’où étant retournés au premier, on donne de l’encens au pèlerin ; ils se rendent enfin au bas de l’église où le pèlerin éteint son cierge, ensuite de quoi on chante les Litanies.

Le souper venu, on régale le pèlerin d’un plat de plus, qu’il partage avec le Gardien, mais avec cette différence qu’on le sert le premier. Lorsqu’un pèlerin part, on a coutume de réciter une prière ; mais je crois que cela ne se pratique que pour ceux qui sont de la même communion. »

 
Lire l’article complet : Richard Pockoke, un Anglais au Levant

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