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« À Rome, tout est de palais ou de cabanes… » (1740)

25 octobre 2015 | Publié dans Histoires de pèlerins | Écrire un commentaire
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Galerie Doria-Pamphili à Rome
En 1739, Charles de Brosses, âgé de trente ans, conseiller au Parlement de Bourgogne, part avec un groupe de gentilshommes à la découverte de l’Italie. Pendant une année, il adresse à ses amis et parents de Dijon des lettres si appréciées qu’on en fit des copies. À son retour, le futur Président travaille à partir de sa correspondance afin de remanier ces lettres, qui furent éditées pour la première fois en 1799.
 
Ces
Lettres familières constituent un des plus charmants récits de voyage en Italie qu’un écrivain français nous ait laissé. Charles de Brosses est libertin, cultivé, ironique, fin observateur et décrit brillamment les mœurs, les événements du temps et l’Italie de toujours, celle des arts.

 

« [Piazza del Popolo,] regardez toujours vis-à-vis de vous, sans vous aviser de jeter les yeux sur les côtés du triangle ; vous ne verriez à droite que de grands vilains magasins à foin ; à gauche, que l’église Sainte-Marie, assez médiocre bâtiment, suivi de plusieurs maisons particulières très piètres ; de sorte que la place del Popolo, quoiqu’elle contienne plusieurs belles choses, n’est nullement une belle place.

C’est un défaut assez général ici qu’une telle disparité ; tout est de palais ou de cabanes ; un bâtiment superbe est entouré de cent mauvaises maisonnettes ; quelques grandes rues principales, d’une longueur sans fin, alignées à merveille, presque toujours terminées par de beaux points de vue, servent heureusement à se retrouver, au milieu d’une foule de culs-de-sac, de ruelles tortueuses ou de mauvais petits carrefours. Il n’y a rien de plus aisé que de savoir la ville en gros, et rien de si difficile que de s’en démêler en détail. Je croirais volontiers que Rome se ressent encore d’avoir été brûlée par les Gaulois et de ce que, en la rebâtissant, chaque habitant édifia sans ordre et sans suite, dans la première place qu’il avait trouvée vacante. »

Le Président de Brosses en Italie, Lettres familières écrites d’Italie en 1739 et 1740, Éd. Didier, 1858)

 
Lire l’article complet : Le récit épistolaire du président de Brosses

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