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Bons vivants au Moyen Âge : la gastronomie des pèlerins sur la Via Francigena

Des bons vivants sur la Via Francigena
Les pèlerins qui traversèrent l’Italie pour se rendre aux lieux de culte de la chrétienté n’avaient pas des motivations purement religieuses ou spirituelles. C’est ce qu’illustre Fabrizio Vanni, journaliste et secrétaire scientifique du Centro Studi Romei, dans son dernier livre intitulé Des bons vivants sur la Via Francigena (1)

Pendant son long voyage, le pèlerin en route vers Rome devait en effet se loger dans des auberges ou d’autres lieux où l’on peut dormir et manger. Ainsi est née une tradition culinaire qui s’est développée le long de la Via Francigena et représente une anticipation inconsciente de ce qui allait devenir notre voyage gastronomique.

Comme le rappelle Renato Stopani – l’un des plus éminents spécialistes des anciennes routes de pèlerinage au Moyen Âge – qui a préfacé le livre, bien que « le facteur religieux ait été de loin la plus grande motivation du voyage », le pèlerin était également préoccupé par d’autres aspects de la réalité, ne négligeait pas la nourriture et portait une attention particulière aux femmes rencontrées le long de la route et à leurs attraits.

Vanni prend soin de souligner que la relation que l’homme médiéval avait avec la nourriture était très différente de la nôtre : la possibilité de prendre un rafraîchissement a toujours été considéré comme un cadeau du destin. Et la reine de la table reste la faim « ancestrale », sachant que « le plus pauvre d’entre nous en Occident, est – en termes de disponibilité de la nourriture – au moins dix fois plus riche que la personne la plus riche du XIe siècle. »

L’auteur démonte aussi le mythe de l’hospitalité médiévale. À partir du moment où le pèlerinage devint un phénomène de masse, l’assistance gratuite se fit de plus en plus rare. D’autant plus que, pour éviter les mauvaises rencontres, les pèlerins s’organisaient souvent en groupes nombreux.

Testaroli
Testaroli

La seconde partie du livre est consacrée à ce qui reste de « francigène » dans la cuisine traditionnelle italienne du Val d’Aoste, du Piémont, de la Lombardie, de l’Émilie-Romagne, de la Toscane, du Latium, de la Campanie, de la Basilicate et des Pouilles, toutes ces zones le long desquelles s’est développé une série d’itinéraires que l’on s’efforce aujourd’hui d’unifier sous le seul vocable de Via Francigena.

Il s’avère que certains plats d’origine médiévale sont encore fortement présents sur les tables italiennes. Il suffit de penser aux testaroli de la Lunigiana [une sorte de crêpe], aux omelettes farcies de la Garfagnana, au buccellato de Lucques [brioche dont le nom dérive de « Buccella », une sorte de pain en forme de couronne que les empereurs romains faisaient distribuer au peuple par des soldats appelés « i Buccellari »] ou au pain d’épices de Sienne.

Buccellato
Buccellato

Cuisiner aujourd’hui d’authentiques plats médiévaux ne serait pas une entreprise facile, car il faudrait se remettre dans un contexte de rareté des denrées alimentaires et renoncer à certains ingrédients devenus banals aujourd’hui, comme le sucre ou les fèves, mais qui n’existaient pas alors.

Nourriture des voyageurs

1) Le livre est publié en Italie sous le titre : Antichi “mangiari” lungo la via Francigena par la maison d’édition florentine Le Lettere.

Source : Antichi “mangiari” lungo la via Francigena

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