Villemagne -le blog

Voyages, Histoire & Écriture
Vous êtes ici : Accueil > Blog > Histoires de pèlerins > Blog article: Coquins et saints pêle-mêle parmi les pèlerins

Coquins et saints pêle-mêle parmi les pèlerins

20 avril 2016 | Publié dans Histoires de pèlerins | Écrire un commentaire
  Favoris & Partage
Le Juif errant - Joseph Ferdinand Keppler, 1901
Le Juif errant
Selon la légende, Ahasverus était un cordonnier juif qui refusa un verre d’eau à Jésus se rendant à son supplice. Pour le punir de sa dureté de cœur, Dieu le condamne à l’immortalité et à errer sur la Terre jusqu’au jour du Jugement dernier : c’est lui que l’on appelle le Juif errant.
 
 
La Mort d’Ahasverus, parabole en forme de roman de Pär Lagerkvist débute dans une salle d’auberge nordique où pèlerins, brigands et prostituées sont rassemblés, « coquins et saints pêle-mêle », avant le grand départ pour la Terre sainte. Parmi eux, Tobias, aventurier mécréant et Diana, fille à soldats, fille perdue, qu’autrefois Tobias a aimée. Tous attendent pour pouvoir s’embarquer que s’apaise la tempête.

« L’étranger jeta un regard intrigué sur ceux qui priaient à l’autre bout de la pièce.

« C’est un endroit bizarre, hein, tu ne trouves pas . Des pèlerins et des filous, des coquins et des saints pêle-mêle, un vrai fouillis. Il n’est pas facile de les distinguer, tu peux m’en croire, car l’un de ceux qui prient là-bas est peut-être un plus grand coquin qu’aucun de nous, d’ailleurs il est peut-être des nôtres, c’est possible, et possible également qu’il soit en train de voler un pauvre frère simple d’esprit agenouillé à son côté, on ne sait jamais. Et pourquoi ne le ferait-il pas, il faut qu’il vive lui aussi. Il faut que tout le monde vive. Bien qu’au fond, on ne comprenne pas pourquoi c’est nécessaire. Et ici tout le monde vit des pèlerins, de ce qu’il existe assez de fous pour aspirer terriblement à quelque chose qu’ils appellent Terre sainte, je ne sais pas pourquoi ils l’appellent ainsi, mais il faut bien lui donner un nom.

Comme ils traînent avec eux tout ce qu’ils possèdent, des bagues et des bracelets et des cuillères d’argent et des gobelets d’argent et des ducats dans leurs vêtements, il est assez difficile de les dépouiller. Ils paraissent pauvres, mais ne crois pas qu’ils le soient – et tant mieux, de quoi vivrions-nous autrement . Certains sont si riches que c’est de la folie. Mais ils ne couchent pas ici, bien entendu, non, ils couchent dans les chambres à l’étage au-dessus, de belles chambres de maîtres. Et ils ont des valets qui les servent du matin au soir et un cocher et tout et tout, car ils se rendent au tombeau de leur Sauveur en voiture particulière, et rien ne leur manque pendant la route de ce qu’ils ont l’habitude d’avoir. Et pourquoi pas, il n’y a aucun mal à ça, ils peuvent bien se le permettre. Ce qui m’étonne c’est que de cette façon les valets deviennent des pèlerins, ils vont au Saint-Sépulcre, eux aussi, exactement comme leurs maîtres. »

 
Lire l’article complet : La mort d’Ahasverus

Cet article vous a plu, ou vous appréciez ce site : dites-le en cliquant ci-contre sur le bouton "J’aime" :



Écrire un commentaire Lu 2883 fois, 2 aujourd’hui |

Écrire un commentaire

(*) Mentions requises