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Des pèlerins se font tatouer à Bethléem,pour garder une preuve de leur voyage (1675)

28 novembre 2015 | Publié dans Histoires de pèlerins | Écrire un commentaire
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Tatouage d'une croix copte
Le tatouage : un souvenir indélébile pour un voyage inoubliable. Si les pèlerins de Compostelle arborent volontiers une coquille, certains n’hésitent pas à se marquer à vie ; c’est ce que raconte Cornélius de Bruyn à propos de certains pèlerins de Terre sainte.
 
Ce Flamand avide de découvertes et curieux de tout, partit de La Haye en 1674 pour un
Voyage au Levant de dix-neuf années en Asie Mineure, dans les îles de l’Archipel, en Égypte, Syrie, Palestine etc. Dessinateur de talent, il s’attacha à restituer une image fidèle des pays qu’il a visités. Sa relation de voyage recèle des scènes pittoresques, comme cette description des tatoueurs de Bethléem :

« Avant que de quitter Bethléem, il faut que je dise comment on se fait imprimer ici sur le bras les marques que l’on a fait le voyage de Jérusalem. Ils ont pour cela plusieurs formes de différentes façons, desquelles chacun choisit celle qui lui plaît davantage. Ce sont d’ordinaire les drogmans [Interprète dans les échelles du Levant] qui font cela et qui gardent aussi ces formes.

Quand on a choisi celle qui agrée le plus, on met dessus un charbon qu’on a pilé, ensuite de quoi, on applique la forme sur le bras, de sorte que les traits où est entrée cette poudre de charbon se peuvent voir distinctement. Après cela, celui qui doit imprimer la marque vous prend le bras de sa main gauche, et en tient la peau étendue bien ferme, pendant que, de sa main droite, il tient deux aiguilles attachées ensemble et enveloppées de laine, avec lesquelles il pique dans les lignes marquées le plus également qu’il lui est possible, afin que la trace en soit mieux marquée, et quoiqu’il enfonce assez avant, le sang n’en sort pas. Mais je crois que la petitesse des trous, que l’on peut à peine apercevoir en est la cause. Après cela, on frotte cet endroit du bras avec une espèce d’encre, qui dans l’espace de vingt-quatre heures qu’on l’y laisse avec le linge dont on l’a enveloppé, pénètre tellement que les lignes où l’on a fait les petits points d’aiguille, paraissent noires ou bleuâtres, mais si bien faites qu’on dirait qu’elles sont peintes, et cette couleur demeure toujours aussi belle, tout le temps que la personne vit.

Si l’on imprimait ces marques autre part que sur le bras, et sur un endroit où la chair fût plus tendre et le sentiment plus vif, cela ne se passerait pas si doucement, car ayant eu la curiosité de m’en faire appliquer quelques-unes sur la poitrine, cela me fit bien passer l’envie de rire. J’en ai vu pourtant qui, soit par dévotion, soit par grimace, s’en faisaient mettre sur toute la poitrine. »

 
Lire l’article complet : Un Flamand au Levant

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