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Haines entre confessions chrétiennes au Saint-Sépulcre : le témoignage de Flaubert

18 avril 2015 | Publié dans Histoires de pèlerins | Écrire un commentaire
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Pugilat au Saint-Sépulcre - novembre 2008
C’est avec indifférence que Flaubert arrive à Jérusalem le 11 août 1850. Il se sent alors, selon ses propres termes, « plus vide qu’un tonneau creux ». Déçu dans certaines de ses attentes et décrivant parfois la Terre sainte sous son jour le plus repoussant, il jouit cependant le plus souvent de reconnaître les lieux et leurs habitants, et de les découvrir tels que les textes (saints et profanes) les lui laissaient attendre.
 
Une ambivalence qui se retrouve dans le mélange de son anticléricalisme viscéral avec une réelle empathie pour le christianisme des origines. Ainsi, lorsque Flaubert revient « lassé, ennuyé jusque dans la moelle des os » d’une visite à l’église du Saint-Sépulcre, déplorant que tout cela ne soit pas « vrai », il lui suffit de se replonger dans l’Évangile pour retrouver l’idéal momentanément perdu : « J’ai pris un Saint Matthieu et j’ai lu avec un épanouissement de cœur virginal le discours sur la montagne. Ça a calmé toutes les froides aigreurs qui m’étaient survenues là-bas. »
 
Au Saint-Sépulcre, justement, il n’a pas manqué de relever, avec un certain écœurement, les chamailleries des différentes confessions chrétiennes qui se partagent le sanctuaire.

« L’extérieur, avec ses parties romanes, nous avait excités ; attente trompée sous le rapport archéologique. Les clefs sont aux Turcs, sans cela les chrétiens de toutes sectes s’y déchireraient. […] Ce qui frappe le plus, ensuite, c’est la séparation de chaque Église, les Grecs d’un côté, les Latins, les Coptes ; c’est distinct, retranché avec soin, on hait le voisin avant toute chose. C’est la réunion des malédictions réciproques, et j’ai été empli de tant de froideur et d’ironie que je m’en suis allé sans songer à rien de plus. […] Heureux sont-ils tous ceux qui là ont pleuré d’amour céleste. Mais qui sait les déceptions du patient Moyen Âge, l’amertume des pèlerins de jadis, quand, revenus dans leurs provinces, on leur disait en les regardant avec envie : « Parlez-m’en ! Parlez-m’en ! » […] La déception, s’il y en avait une, ce serait sur moi que je la rejetterais et non sur les lieux. »

Gustave Flaubert – Voyage en Orient

Aujourd’hui encore, les relations entre communautés chrétiennes en Terre sainte ne sont pas toujours idylliques. Toutefois, la coexistence réputée difficile et tendue entre ces communautés s’améliore. Par exemple, un accord important a été récemment à Bethléem sur la restauration du toit de la basilique de la Nativité.

 
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