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Impressions de la basilique Saint-Pierre de Rome (1740)

27 octobre 2016 | Publié dans Histoires de pèlerins | Écrire un commentaire
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Nef centrale de la basilique Saint-Pierre de Rome
Dans ses Lettres d’Italie, Charles de Brosses, un magistrat français du XVIIIe siècle, relate son voyage dans la péninsule sous la forme d’un recueil de lettres envoyées à ses amis et à sa famille pendant son séjour. Ni vraies lettres ni vrais journaux, il s’agit d’un récits écrit a posteriori et fondé sur des souvenirs travaillés et enjolivés. Voici sa description de la basilique Saint-Pierre :

« Quelle impression croyez vous que vous fera le premier coup d’œil de Saint–Pierre ? Aucune. Rien ne m’a tant surpris à la vue de la plus belle chose qu’il y ait dans l’univers que de n’avoir aucune surprise ; on entre dans ce bâtiment dont on s’est fait une si vaste idée, cela est tout simple. Il ne paraît ni grand, ni petit, ni haut, ni bas, ni large, ni étroit. On ne s’aperçoit de son énorme étendue que par relation, lorsqu’en considérant une chapelle, on la trouve grande comme une cathédrale ; lorsqu’en mesurant un marmouset qui est là au pied d’une colonne, on lui trouve le pouce gros comme le poignet.

Tout cet édifice, par l’admirable justesse de ses proportions, a la propriété de réduire les choses démesurées à leur juste valeur. Si ce bâtiment ne fait aucun fracas dans l’esprit à la première inspection, c’est qu’il a cette excellente singularité de ne se faire distinguer par aucune. Tout y est simple, naturel, auguste, et par conséquent sublime.

Le dôme, qui est à mon avis la plus belle partie, est le Panthéon tout entier, que Michel–Ange a posé là, en l’air, tout brandi de pied en cap. La partie supérieure du temple, je veux dire les toits, est ce qui étonne le plus, parce qu’on ne s’attend pas à trouver là–haut une quantité d’ateliers, de halles, de coupoles, de logements habités, de campaniles, de colonnades, etc., qui forment, en vérité, une espèce de petite ville fort plaisante.

La moindre partie de l’église, à ce que je trouve, est le portail ; ni celui–là, ni celui qu’on vient de faire à Saint-Jean-de-Latran, quoique assez beau l’un et l’autre, ne répondent à la majesté des bâtiments. Comment ceci a-t-il pu être construit par des gens qui avaient devant leurs yeux la façade de la Curia Antoniana et celle du Panthéon ? »

Le Président de Brosses en Italie, Lettres familières écrites d’Italie en 1739 et 1740, Éd. Didier, 1858

 

Lire l’article complet : Le récit épistolaire du président de Brosses

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