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J’atteignis la Ville sainte le cinquième jour du mois du ramadan de l’année 438

3 septembre 2016 | Publié dans Histoires de pèlerins | Écrire un commentaire
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Nasir-i Khusraw
Nasir-i Khusraw, poète et écrivain religieux persan du XIe siècle a voyagé durant sept années en Palestine, Arabie et Égypte. Parti de la province septentrionale du Khorasan en 1046, il se dirige au nord vers Tabriz puis l’actuel Azerbaïdjan et Van en Arménie avant de descendre vers la Syrie, Alep puis Beyrouth et Jérusalem qu’il atteint après un an de voyage. De là, il se rend une première fois en pèlerinage à La Mecque et, après un retour à Jérusalem, se rend au Caire où il passe six ans.
 
Khusraw décrit précisément la ville de Jérusalem et ses environs telle qu’ils se présentaient une cinquantaine d’années avant l’arrivée des croisés. Tout en s’attachant aux bâtiments plus qu’aux habitants, il dépeint une Jérusalem très vivante et non pas une icône, comme le font certains voyageurs chrétiens qui sont venus retrouver une Jérusalem biblique et passent parfois sous silence les lieux saints juifs et musulmans.

« Depuis Tripoli, qui est au bord de la mer, jusqu’à la Ville sainte, on compte 56 lieues ? et de Balkh [lieu de départ de Khusraw] jusqu’à la Ville sainte, 870 lieues. J’atteignis la Ville sainte le cinquième jour du mois du ramadan de l’année 438 [5 mars 1047] ? et une année entière s’était écoulée depuis mon départ, durant laquelle je n’avais cessé de voyager de l’avant, car en aucun lieu je ne m’étais arrêté pour jouir du repos.

Aujourd’hui les Syriens et les habitants des provinces voisines, s’ils ne peuvent se rendre en pèlerinage à La Mecque, se rendent à Jérusalem à la saison prescrite et y accomplissent leurs rites, offrant au jour de fête le sacrifice tel qu’il est accompli à La Mecque. Certaines années, jusqu’à 20 000 personnes sont présentes à Jérusalem durant les premiers jours du pèlerinage, car ils emmènent également leurs enfants avec eux afin de fêter leur circoncision.

De tous les pays des Grecs, aussi, et d’autres contrées encore, les chrétiens et les juifs montent à Jérusalem en grand nombre afin de se rendre à l’église de la Résurrection et à la synagogue. () L’empereur de Byzance lui-même vient ici en personne, mais en privé, afin que nul ne le reconnaisse. Aux jours où [le calife fatimide] Al Hakim-bi-amr-Allah régnait sur l’Égypte, l’empereur des Grecs était venu de cette façon à Jérusalem. Al-Hakim l’ayant appris, appela un de ses porteurs de coupe et lui dit : « Il y a un homme de telle et telle apparence que tu trouveras assis dans la mosquée de la Ville sainte ? va donc, approche-toi de lui et dis-lui que Hakim t’a envoyé vers lui, de peur qu’il ne pense que moi, Hakim, j’ignorais sa venue ? mais dis-lui de se réjouir, car je n’ai pas de mauvaises intentions à son égard. » »

 
Lire l’article complet : Un Persan à Jérusalem

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