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Le retour en Bourgogne d’un pèlerin aventurier (1433)

11 mai 2016 | Publié dans Histoires de pèlerins | Écrire un commentaire
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Le retour des grues cendrées
Envoyé en Terre sainte par le duc de Bourgogne au début du XVe siècle pour y recueillir des informations militaires en vue d’une éventuelle croisade, Bertrandon de la Broquière boucle un trajet moins conventionnel que celui des pèlerins habituels : après un voyage au trajet assez classique pour l’aller (il embarque à Venise pour Jaffa avec un groupe de pèlerins), La Broquière revient par la terre, traversant la Turquie jusqu’à Constantinople (qui tombera aux mains des Turcs vingt ans plus tard) et l’est de l’Europe avant de retrouver le duché de Bourgogne.

« Je partis de La Villeneuve et m’en allai à Aussone et de là à Dijon. Et là, je trouvai Monseigneur le chancelier de Bourgogne avec qui j’allai devers mon seigneur le duc, que je trouvai en l’abbaye de Pothières et ses gens étaient au siège, et de sa grâce me fit très bonne chère devant lui en tel état que j’étais parti de Damas ; je lui menai mon cheval que j’avais acheté et lui donnai tous mes vêtements, de même que le Coran et les faits de Mahomet que le chapelain du consul des Vénitiens m’avait donnés par écrit en latin, qui contenait beaucoup d’écriture, et que mon seigneur donna à maître Jean Germain, docteur en théologie, pour le visiter, et je ne le vis plus jamais depuis. Ledit évêque Jean Germain a depuis été évêque de Châlons-sur-Saône et chancelier de la Toison.

Je me passe de parler plus longtemps de la situation du pays depuis Vienne jusqu’ici, car plusieurs savent bien ce qu’il en est et si je dis vrai ou non. Et au regard des autres pays dont j’ai parlé par avant et des passages que j’ai nommés ci-dessus, je prie les lecteurs qu’ils ne veuillent pas l’imputer à une vaine gloire, ni à l’orgueil, ni à la vantardise, mais je l’ai fait pour deux raisons, l’une si quelque noble homme y voulait aller, il pourra trouver ce chemin et trouvera si je dis la vérité, l’autre raison parce que mon très redouté seigneur Monseigneur le duc m’a commandé que je fasse mettre en écrit, selon un petit mémoire que j’en avais fait en un petit livret, quand j’avais eu loisir d’écrire. S’il n’est si bien dit que les autres le pourraient bien faire, je supplie qu’il me soit pardonné.

Ici finit le voyage de Bertrandon de la Broquière qui trépassa à Lille en Flandres le neuvième jour de mai de l’an 1459. »

Bertrandon de la Broquière – Le voyage d’Outremer

 
Lire l’article complet : Bertrandon de la Broquière

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