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Naissance du tourisme en Palestine

29 avril 2016 | Publié dans Histoires de pèlerins | Écrire un commentaire
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Voyages en Palestine et Syrie - Thomas Cook

Des services pour les touristes et les pèlerins étaient disponibles en Palestine depuis le début du XIXe siècle, mais ils ont commencé à se développer plus rapidement sous le règne de Muhammad Ali (1831-1841). Cela était dû à une plus grande tolérance, l’amélioration de la sécurité et l’annulation des impôts de protection de toutes sortes, obtenue grâce au renforcement du statut des puissances Occidentales dans l’Empire ottoman. Les infrastructures de transport et de communication se développèrent (des chemins de fer en Europe et en Palestine, des bateaux à vapeur, de nouvelles routes, des services postaux et des lignes de télégraphe). L’attitude du régime ottoman face aux chrétiens s’améliora également.

La plupart des touristes étaient à cette époque des pèlerins – des chrétiens, des musulmans et des juifs – en chemin vers les Lieux saints. Cependant, la Palestine a progressivement attiré un public plus mélangé comprenant des touristes au sens moderne du mot. Au cours du XIXe siècle, la Palestine est ainsi devenue « un must » dans les itinéraires de nombreux Britanniques et Américains voyageant à l’étranger, au moins pour les plus riches d’entre eux. Cook’s organisa même le voyage de plusieurs têtes couronnées dont le fameux séjour de Guillaume II à Jérusalem en 1898.

Escorte de touristes

En revanche, la hausse de tourisme organisé au milieu des années 1860 n’a pas rendu la Méditerranée Orientale accessible à la petite bourgeoisie. Le tour organisé par Thomas Cook en Terre sainte coûtait en moyenne 31 shillings par jour, y compris le logement, un dragoman (guide-interprète), une escorte militaire et des provisions importées de Grande-Bretagne et adaptées aux goûts occidentaux. Une telle somme mettait l’Orient hors de portée de la bourse de la petite bourgeoisie.

Peu après Thomas Cook, American Express fit bientôt de même. Et, en 1876, Karl Baedeker publia son premier « guide de Jérusalem et ses environs ».

En 1892, les Turcs construisirent un chemin de fer pour couvrir les 50 milles tortueux qui séparent Jaffa de Jérusalem, raccourcissant le voyage de deux jours à quatre heures. Malgré le confort plus grand, ou précisément à cause de cela, cette innovation ne fut pas du goût de tous. En arrivant en Palestine pour la deuxième fois, peu de temps après l’achèvement de chemin de fer de Jaffa à Jérusalem, Arthur Miller, un touriste anglais, exprima son irritation à l’idée entière de rejoindre Jérusalem en train :

« Le trajet de Jaffa à Jérusalem par le chemin de fer prive ce voyage passionnant de beaucoup de son parfum d’autrefois et le rabaisse au niveau ordinaire de la vie quotidienne. Le premier sentiment qui nous étreint lorsque nous nous tenons debout sur le quai au dépôt de Jaffa et lorsque nous entendons le tintement de la cloche et les cris du contrôleur, « Tous les étrangers pour Jérusalem ! » c’est qu’un grand sacrilège a été commis par le fait même de construire un chemin de fer en Terre sainte. »

Tandis que, jusqu’aux années 1850, les pèlerins étaient surtout logés dans les monastères ou les hôtelleries comme la Casa Nova des franciscains, de nombreux hôtels et hospices furent construits dans la deuxième moitié du siècle. Certains d’entre eux avaient un contrat annuel ou une entente avec des agences de voyages comme Clark et Cook’s. Le premier hôtel de style moderne et qui ait offert certains des « conforts de l’Europe », fut ouvert à Jaffa en 1850 par Kopel Blatner & fils.

Dragoman [Guide et interprète]
Dragoman [ou drogman] :
guide et interprète

Au début du XXe siècle, la Palestine offrait de nouveaux hôtels, des auberges, des agences de voyages et des sociétés de chargement. Les principales agences de voyages s’occupant des touristes étaient Cook’s, Tadras, Clark, Hambourg, Barakat et Nasir et Farajalla. On pouvait embaucher des commissaires pour aider les passagers à débarquer, sortir les bagages de la douane et réserver des logements, des chevaux et des voitures. Des centaines de porteurs étaient disponibles, ainsi que des guides et des escortes et plus de 23 khans (caravansérails) dans la seule Jaffa où les restaurants et les cafés se sont également multipliés : la ville comptait en 1905 64 restaurants et 81 cafés.

Le nombre annuel des touristes en Palestine a augmenté de 2-3 000 dans la première moitié du XIXe siècle à environ 7 000 dans les années 1870 et 30 000 à la veille de la Première guerre mondiale.

Ce texte est adapté d’un article de Ruth Kark, professeur à l’Université hébraïque de Jérusalem : « The role of Thomas Cook in the rediscovery of the Holy Land in the 19th century »

 
Lire l’article complet : Thomas Cook

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