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Sainte Brigitte en route vers Compostelle: histoire de la Via Sanctae Birgittae – 2/3

Route de sainte Brigitte depuis la Suède jusqu'à Compostelle
En 1341, Brigitte partit de Vadstena, au centre de la Suède des grands lacs, pour se rendre en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, en passant par la Provence. C’est avec son mari Ulf, sénéchal de la région qu’elle marcha, bourdon à la main, pendant près de deux ans.
 
À l’occasion d’une conférence donnée à Montpellier, Gérard Ecorcheville-Olsson, qui travaille à la réhabilitation d’une
Via Sanctae Birgittae depuis la Suède jusqu’au Finisterre espagnol, rappelle la vie de la sainte du Nord.
 
Cet article est le deuxième d’une série de trois articles qui reprennent l’essentiel de la conférence :

1/3 : Origine et développement du pèlerinage de Saint-Jacques
2/3 : Brigitte en Suède avant son départ pour Compostelle
3/3 : Le pèlerinage de sainte Brigitte à Compostelle

Brigitte en Suède avant son départ pour Compostelle

« Birgitta Birgittsdotter, la Brigitte Sainte, était issue d’une famille noble du Nord-est de Stockholm d’une région appelée Roslagen celle des Vikings qui fondèrent Novgorod puis la Russie kievienne, c’étaient des Varègues, plutôt que des Vikings, Varègues vient du norrois (langue scandinave de l’époque), vara marchandise les désignant comme des commerçants, ce qu’ils furent avant de devenir guerriers parce que c’était plus rentable et facile, pragmatisme nordique oblige la violence plutôt que la palabre, que l’on n’aime toujours pas dans le nord et la violence évidemment plus du tout maintenant, la Suède n’a pas fait de guerre à personne depuis deux cents ans.

Roslagen veut dire loi de la rame et pourrait avoir donné Rus puis Russie. Le mot Viking vient du latin comptoir ou vikus ce qui signifie aussi qu’íls étaient commerçants de luxe en fourrure, en ambre par exemple des Bernard Arnault de l’époque avec le sérieux de la marque Fjord plutôt que Dior en somme, avec des produits légers et chers car leurs bateaux étaient petits mais leur tirant d’eau faible et leur permettait de remonter les rivières. Du reste, ils ont jamais appelé leurs navires drakkar venu de la littérature XIXe mais plutôt skute, ils n’ont jamais eu des casques à cornes et ils sont devenus violents « seulement » si l’on peut dire 150 ans environ, de l’an 800 à 950 environ. Mais, comme ils étaient peu nombreux, ils ne livraient jamais de batailles frontales, ils pratiquaient le raid, la razzia.

La Scandinavie fut évangélisée tardivement par un moine bénédictin français de la Somme de Corbie du nom d’Anchaire, il fut évêque de Brême, de Hambourg et appelé par un roi danois pour évangéliser. C’est maintenant le saint patron du Danemark, on le connaît sous le nom d’Ansgar. Pas un suédois pratiquement ne sait qu’íl vient de chez nous.

La famille de la future sainte Brigitte est très pieuse et aura parcouru depuis 4 générations les chemins de Compostelle, nous sommes en 1303 année de sa naissance ; à 10 ans elle aura déjà des apparitions de la Vierge qui la couronne ; déjà à 12-13 ans c’est le mariage arrangé mais qui se transforme en mariage d’amour avec Ulf Guldmarsson, un noble qui devient sénéchal, et ils vécurent heureux et ils eurent beaucoup d’enfants. Huit exactement.

La région d’Ulf son mari était celle des Wisigoths ou Västergötaland en suédois, le saviez-vous, les Languedociens et aussi nos voisins ibériques, Monsieur le Consul d’Espagne, ont des origines suédoises puisque les Wisigoths qui sont venus ici et en Espagne sont des suédois et des danois probablement des Goths sages selon la racine norroise de wisi égale en français sage, plutôt que des Goths de l’Ouest comme on l’a dit. Cette peuplade était partie de Scandinavie vers le IVème siècle pour errer vers la Roumanie actuelle, et par une alliance militaire a protégé des autres barbares, les frontières de l’Empire Romain, puis déçus des promesses non-tenues, ils ont saccagé Rome. Ils avaient fondé un immense royaume ici, à son apogée étendu de Nice à Gibraltar et au Nord jusqu’ à Poitiers. Votre Archevêque Monseigneur Guy Thomazeau m’apprend dans une lettre qu’il a des origines scandinaves mais plus récentes sans doute que les Wisigoths

Leurs capitales furent Toulouse puis Tolède avec une résidence des rois à Narbonne. Ils furent chrétiens mais des adeptes de la théologie d’Arius qui consiste notamment à affirmer que Dieu est supérieur au Dieu Fils, cette relative dissidence justifia l’attaque de notre Clovis roi Franc fraîchement converti à une forme plus conforme de la religion et qui réduisit par sa victoire à Vouillé en Poitou substantiellement le royaume wisigoth.

L’heureuse histoire de Brigitte et d’Ulf aurait pu s’arrêter à leur bonheur marital s’ils n’avaient pas eu une très profonde charité et foi chrétienne ; leur maison était ouverte aux pauvres, aux malades, et plus tard à Rome, Brigitte aidera les femmes perdues à se réinsérer.

À l’arrivée à la cour de Suède, la petite-nièce de Saint-Louis, de Blanche de Dampierre, en Belgique on peut dire Blanche de Namur, c’est la même personne, le Roi de Suède et de Norvège, Magnus Ericson demandera à Brigitte de devenir Première Dame de Cour pour enseigner à la future jeune Reine Blanche les us et coutumes suédoises. Cette cour de Suède déplaisait à Brigitte et le couple qui aura perdu un enfant fera à cette occasion un premier pèlerinage aux reliques du roi saint Olaf un roi norvégien tué par un païen, ce à Nidaros, l’actuelle Trondheim, très grand et difficile pèlerinage scandinave presque au cercle polaire. Ainsi, ils quittèrent les ors de la cour mais surtout ses mœurs dépravées. »
 

Extrait d’une conférence de Gérard Ecorcheville-Olsson, président de l’Association Via Sanctae Birgittae à la Maison de l’Europe et des Relations internationales de Montpellier le 25 Janvier 2010.

En présence de
Madame Sarah Elamani, conseillère municipale de la ville de Montpellier, monsieur le consul général d’Espagne, Joseph Maria Bosch, monsieur le consul de Suède, Pierre Moulin et monsieur le directeur de la Maison de l’Europe de Montpellier, Gérard Rousset.

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