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Sur la Via Francigena, tous les chemins mènent à Rome : portrait de marcheur dans le magazine ‘Pèlerin’

31 août 2010 | Publié dans Marcheurs, Via Francigena | Écrire un commentaire
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François-Xavier de Villemagne
« Côté pile, un cadre bancaire ; côté face, un pèlerin intrépide en route vers les hauts lieux du christianisme. François-Xavier de Villemagne raconte son périple au long cours entre Paris et Rome sur la Via Francigena. :

Son saint patron, missionnaire jusqu’en Extrême-Orient, le prédestinait peut-être aux grandes distances. Il n’empêche : il faut un petit effort d’imagination pour deviner en François-Xavier de Villemagne le baroudeur patenté qu’il est.

C’est en costume-cravate qu’il nous reçoit au 32e étage de la tour vertigineuse d’une grande banque française, en plein cœur du quartier d’affaires de la Défense. La voix douce et le regard clair, ce célibataire de 46 ans, qui coordonne des projets de réglementation financière dans les pays émergents, s’est lancé en 2007 sur un chemin de pèlerinage encore assez peu connu, la Via Francigena, qui conduit à Rome.

Le sentiment pressant de devoir partir

Au départ de Paris, où il habite, et non de Canterbury comme le veut le parcours « officiel ». D’ailleurs, ne lui parlez pas d’un trajet unique sur ce chemin de pèlerinage ! Car « il n’y en a pas », tient-il à corriger avec vigueur. « Le nom italien signifie ‘route des Francs’, mais il s’agit en réalité d’un réseau de routes venant de France, du nord de l’Allemagne et d’Angleterre qui convergent vers Rome », précise-t-il d’emblée.

Ce fut donc Paris-Rome, en une seule fois, à l’occasion d’un long congé sabbatique. Car François-Xavier aime les défis et a vu les choses en grand : 4 000 km – au lieu des 1 800 km de Canterbury à Rome – en traînant ses sandales pendant près de six mois, jusqu’au pied de la botte, dans les Pouilles et la Calabre, avant de remonter vers la capitale italienne.

Une façon de se tailler un périple à la mesure de sa première grande aventure, en 2000, lorsqu’il était parti à pied vers Jérusalem ! À l’origine de ce premier voyage, un sentiment pressant de devoir partir. « Je voulais sortir de certaines impasses dans lesquelles je me trouvais et aussi me prouver que je pouvais réussir quelque chose dans ma vie », reconnaît François-Xavier de Villemagne, de manière laconique. Pudique voire « secret », comme le décrit son frère, il n’en dira pas plus.

Pour son pèlerinage vers Rome, François-Xavier n’avait plus rien à se prouver. Il ne s’agissait donc plus d’« aligner les kilomètres » mais de répondre à des aspirations profondes : le désir de découvrir Rome, siège de l’Église catholique, la culture et la langue italiennes, qu’il avait commencé à apprendre en lisant des livrets d’opéra, et ce besoin impérieux de se sentir « à sa juste place ».

Courageux et humble à la fois. Le périple fut conçu dès le début comme un défi humain et physique autant que spirituel. « Je n’avais pas pour objectif de me retirer du monde pour aller dans le désert ou dans un lieu uniquement peuplé de religieux, confie-t-il. Ma démarche était bel et bien inscrite dans ce monde, en vivant de façon itinérante. Il était primordial pour moi que toutes les dimensions de ma personne soient intégrées dans cette démarche. »

Le corps, bien sûr, mais aussi l’esprit – en apprenant l’allemand lors de la traversée de la Suisse alémanique, puis l’italien, et en lisant La divine comédie, de Dante, et Promenades dans Rome, de Stendhal.

Une prière solide comme un pilier de cathédrale

Élever l’âme, enfin, grâce à une vie de prière nourrie par la messe dominicale – autant que possible – et surtout par la découverte du chapelet. « Pour être franc, je trouvais cette forme de prière un peu ringarde avant de partir, reconnaît-il. Puis, peu à peu, en la récitant chaque jour, j’ai expérimenté la force de cette prière, solide comme un pilier de cathédrale. Et j’ai gardé cette habitude dans ma vie de sédentaire parisien, récitant la moitié le matin en allant au travail, sur mon vélo, et l’autre moitié en rentrant. Il m’arrive parfois de me demander si cela a un sens mais je me dis qu’il faut continuer et que l’on ne connaît que rarement les fruits de sa prière. »

Quelques échanges avec ses hôtes du soir resteront à jamais gravés dans sa mémoire, comme ce moment passé avec une sœur clarisse à Florence. « Elle avait pris la responsabilité d’un monastère de sœurs très âgées et avait presque le même âge que moi. Au-delà de nos choix de vie différents, elle m’a accueilli à bras ouverts et nous nous sommes très vite sentis sur la même longueur d’ondes. J’ai eu l’impression que nous gravissions la même montagne vers Dieu mais par deux versants différents. »

Sur les chemins de ce pèlerinage encore peu fréquenté, les rencontres restent toutefois bien rares. Et la solitude n’est pas la moindre des difficultés à surmonter. « Personne avec qui partager votre émerveillement face à un beau paysage, personne pour vous remettre sur le droit chemin lorsqu’un beau matin, vous vous réveillez plus fatigué qu’à l’accoutumée… »

Il y eut aussi l’accueil assez froid des Italiens, le renvoyant souvent vers des curés pas toujours disponibles pour l’héberger au presbytère. Et un épisode douloureux : un bras cassé lors d’une mauvaise chute en montagne, l’os qui se déboîte, et personne à la ronde à moins d’une heure !

« Je l’ai remis moi-même en place avant de me rendre à l’hôpital de L’Aquila (au nord-est de Rome, ndlr) où l’on m’a posé un plâtre. Je suis ensuite rentré à Paris, pensant être opéré, mais le chirurgien a jugé que ce n’était pas nécessaire et j’ai pu reprendre la route en pratiquant des exercices de rééducation. »

Aujourd’hui, le périple de François-Xavier force encore l’admiration de ses collègues. « Personnellement, j’en ai toujours rêvé mais je n’ai jamais osé sauter le pas ! Sa capacité de réadaptation à sa vie parisienne est aussi exceptionnelle », glisse Daniela qui travaille avec lui depuis un an et demi.

« C’est quand même un curieux personnage, poursuit-elle. Au premier abord, il a l’air timide, un peu sévère. Mais je suis persuadé que le vrai François-Xavier est celui qui arpente les routes. » Après Jérusalem et Rome, vers où son regard peut-il bien porter ? L’intéressé assure ne pas avoir de nouveaux projets de pèlerinage.

« Sédentaire ou itinérant, l’essentiel, me semble-t-il, est de parvenir à cette certitude intime que l’on fait ce qu’il faut au bon moment, qu’on est sur le bon chemin. Pour moi, c’est cela être heureux. »

À lire :

Pèlerin d’Occident – À pied jusqu’à Rome : le récit de François-Xavier de Villemagne

 
Source : Pèlerin – N° 6664 du 19 août 2010

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