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Le Faucon noir de l’an 1000 multiplie les pèlerinages à Jérusalem

10 décembre 2015 | Publié dans Histoires de pèlerins | Écrire un commentaire
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Foulques Nerra, comte d’Anjou
Foulques Nerra, (le « Faucon Noir » ) fut l’un des plus grands féodaux des années 1000. Chef de guerre sans pitié, mais aussi constructeur prodigieux de châteaux et d’abbayes, défricheur de forêts hostiles, bienfaiteur des pauvres et des malades, et pèlerin : il se rendit trois fois en Terre sainte.
 
Sa très longue vie fut émaillée d’événements spectaculaires : mort de sa première femme brûlée vive à vingt ans sur le parvis de la cathédrale d’Angers, profanation de la basilique Saint-Martin de Tours, incendie de cette même ville, assassinat d’opposants divers, dévastation des campagnes, abbayes, moulins, demeures de ses malheureux voisins blésois, nantais, manceaux, le tout à en croire certaine chroniques sans jamais descendre de cheval durant soixante-dix ans, et contrastant avec pas moins de trois pèlerinages à Jérusalem accomplis dans la mortification la plus spectaculaire, où il se faisait flageller nu par ses valets, étendu sur une claie d’osier…

« Rentré dans ses états, il voulut voir sous ses yeux une image des lieux saints qu’il avait visités, et fit bâtir, près du château de Loches, une église semblable à celle de la Résurrection. C’est là qu’il implorait chaque jour la sagesse divine ? mais ses prières n’avaient pas encore fléchi le Dieu de miséricorde. Bientôt il sentit renaître dans son cœur le trouble qui l’avait si longtemps agité. Foulques se mit en route une seconde fois pour se rendre à Jérusalem, où il édifié de nouveau les fidèles par les expressions de son repentir et les austérités de sa pénitence.

Revenu en Europe par l’Italie, il délivra le souverain pontife d’un ennemi formidable qui ravageait l’État romain. Le pape récompensa son zèle, loua sa dévotion, et lui donna l’absolution de tous ses péchés. Le noble pèlerin revint enfin dans son duché, rapportant avec lui une foule de reliques dont il orna les églises de Loches et d’Angers. Dès lors il s’occupa, au sein de la paix, de faire bâtir des monastères et des villes, ce qui lui acquit le surnom de grand édificateur. Ses services et ses bienfaits lui avaient mérité les bénédictions de l’Église et celles de ses peuples, qui remerciaient le ciel d’avoir rappelé leur prince à la modération et à la vertu.

Foulques semblait n’avoir plus rien à craindre de la justice de Dieu ni de celle des hommes ? mais tel était le cri de sa conscience et le tourment de son âme agitée, que rien ne pouvait le défendre contre ses propres remords, et lui rendre la paix qu’il avait cherchée par deux fois près du tombeau de Jésus-Christ. Le malheureux prince résolut de faire un troisième pèlerinage à Jérusalem ? la Palestine le revit bientôt arrosant de nouvelles larmes le tombeau de Jésus-Christ, et remplissant les saints lieux de ses gémissements.

Après avoir visité la Terre sainte, et recommandé son âme aux prières des anachorètes chargés de recevoir et de consoler les pèlerins, il quitta Jérusalem pour revenir dans sa patrie, qu’il ne devait plus revoir : il tomba malade et mourut à Metz. Son corps fut transporté et enseveli au monastère du Saint-Sépulcre qu’il avait fait bâtir près de Loches. On déposa son cœur dans une église de Metz, où l’on voyait encore, plusieurs siècles après sa mort, un mausolée qu’on appelait le tombeau de Foulques, comte d’Anjou. »

M. Michaud – Histoire de la première Croisade [1825]

 
Lire l’article complet : Foulques Nerra, pèlerin récidiviste

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