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Un Mongol du XIIIe siècle assiste à l’éruption de l’Etna le 18 juin 1287

27 septembre 2016 | Publié dans Histoires de pèlerins | Écrire un commentaire
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L'Etna en éruption
Etna en éruption
Râbban Sauma est le premier Chinois dont on ait gardé la trace du voyage en Europe. Vers 1275, à peu près à l’époque où les frères Polo arrivaient à la cour de Kubilaï Khan, deux moines chrétiens nestoriens, Râbban Sauma et son compagnon Markos quittèrent Daidu (la ville actuelle de Pékin) pour un pèlerinage vers Jérusalem.

Vers 1280, les moines atteignirent la Perse alors sous l’autorité d’un souverain mongol (c’était l’époque de la grande expansion des cavaliers de la steppe). Ils furent entraînés dans la politique et les affaires religieuses locales. Le voyage à Jérusalem fut laissé de côté et Markos, le compagnon de Sauma se trouva finalement nommé patriarche de l’Église nestorienne sous le nom de Yahballaha III.

En 1287, comme le Khan Argun, souverain de la Perse, avait besoin d’un émissaire pour une mission diplomatique à l’Ouest, Sauma saisit l’occasion pour reprendre son voyage. Le but était de convaincre les dirigeants byzantins et européens de s’unir à lui pour une croisade contre les Musulmans en Terre sainte.

Le trajet de Râbban Sauma jusqu’en Occident

Le trajet de Râbban Sauma jusqu’en Occident

Fort de son éducation chrétienne et de son expérience de voyageur, Râbban Sauma fut choisi pour cette mission délicate. Traversant l’Asie Mineure de l’Azerbaïdjan jusqu’à la mer Noire, il s’embarqua à Trébizonde (aujourd’hui : Trabzon), navigua jusqu’à Constantinople et ensuite à Rome où il rencontra le pape Nicolas IV. De là, il se rendit à Paris où il rencontra Philippe le Bel, puis à Bordeaux, où, dans une réunion extraordinaire des cultures, Edouard Ier d’Angleterre reçut la communion de la main d’un moine nestorien de Chine. Râbban Sauma retourna en Perse en 1288 avec de nombreuses et saintes reliques, mais sans engagement ferme pour une croisade mené de concert avec les puissances européennes alors trop divisées politiquement..

Sauma laissa des journaux de sa vie en Chine et de ses voyages à travers l’Asie et l’Europe. Pour la plupart écrits en persan, ces textes – aujourd’hui disparus -, furent traduits en syriaque peu de temps après sa mort. Après des siècles d’oubli, le manuscrit syriaque refit surface en Iran en 1887.

Éruption de l’Etna

Durant son périple, Râbban Sauma fut témoin de l’éruption de l’Etna le 18 juin 1287 :

« Râbban Sauma quitta Constantinople et prit la mer. Il vit sur le côte un monastère des Romains, et dans la chapelle du trésor, il y avait deux coffres funéraires en argent ; l’un contenait la tête de Saint Jean Chrysostome et l’autre la tête du saint pape qui avait baptisé [l’empereur] Constantin.

Il embarqua et, parvenu au milieu de la mer, il vit une montagne d’où s’échappait de la fumée durant toute la journée ; et à la nuit il vit le feu à son sommet. Personne ne peut en approcher à cause des émanations de soufre qui s’en échappent. Certains prétendent que c’est l’antre d’un grand serpent. Cette mer est appelée « Mer d’Italie ». C’est une mer terrible et plusieurs milliers de personnes y ont péri.

Après deux mois d’épreuves et de fatigue, Râbban Sauma atteignit la côte et débarqua en un lieu nommé Naples. »

 
Lire l’article complet : Râbban Sauma, envoyé du Grand Khan

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