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Un pèlerin de Montauban raconte son voyage pour le grand jubilé de 1350

2 novembre 2016 | Publié dans Histoires de pèlerins | Écrire un commentaire
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Marchand comptant son or - Manuscrit de la bibliothèque de Valenciennes

À la suite de la mort de deux de ses enfants emportés par la peste noire qui ravageait alors l’Europe, Barthélemy Bonis, un riche marchand et banquier de Montauban, entreprit, avec plusieurs autres Montalbanais, le pèlerinage de Rome à l’occasion du jubilé de 1350. Dans une feuille volante trouvée parmi les feuillets de son livre de comptes, Bonis indique l’itinéraire de son voyage, jour après jour à partir d’Avignon, et donne ainsi de précieuses indications sur les étapes et la route suivie par les pèlerins qui, au Moyen Âge, se rendaient du siège avignonnais de la papauté jusqu’à Rome.

Le parcours décrit le passage des Alpes par Montgenèvre, la descente par le Piémont, puis la traversée de la Toscane en passant par l’Émilie et le col de la Cisa, un arrêt à Pise (au lieu de l’étape habituelle à Lucques où de nombreux pèlerins venaient vénérer le Volto Santo, le crucifix de la Sainte–Face) puis Sienne et enfin l’arrivée à Rome par la Via Cassia. Rome est à environ 1 000 kilomètres d’Avignon et Barthélemy mit vingt–trois jours pour couvrir la distance, soit une moyenne relativement élevée de 40 kilomètres par jour.

Le voyage eut lieu pendant l’été de 1350. Les voyageurs firent la route, les uns à cheval, quelques autres à pied. Le livre mentionne plusieurs incidents en route : le domestique de Bonis, Arnaud Guilhem, prêta à son maître 3 écus d’or au retour ; le bourgeois Bertrand de la Pouzaque, se trouvant aussi à court d’argent, emprunta à Bonis 5 florins d’or, « quand ils retournaient de Rome la vieille » ; Pierre de Verdun, un riche bourgeois descendant de l’un des constructeurs du pont de Montauban, se trouva dans le même cas ; enfin, la compagnie de pèlerins se vit forcée d’acheter un cheval pour porter Pierre Picas, le maréchal, qui était du voyage « par le chemin quand nous retournions, de Rome la vieille, du pardon de l’an 1350, et pour ma part du roussin qui porta Maître Picas le maréchal, qui était de la compagnie ».

Le 23e jour après le départ d’Avignon, « dîner avec grande joie dans Rome la vieille, où fut le pardon à peine et à coulpe en l’an 1350, que donna notre seigneur le pape Clément VI, qui se nommait Pierre Rogier, à tous ceux et à celles qui y allaient, confessés et repentants, et leur remit leurs fautes, lequel notre seigneur le pape était natif de [l’Auvergne] ».

L’itinéraire de Barthélémy Bonis est consigné dans Les livres de comptes des frères Bonis : marchands montalbanais du XIVe siècle publiés et annotés pour la Société historique de Gascogne par Édouard Forestié. Éd. Honoré. Champion, 1890–1894.  

 
Lire l’article complet : Barthélémy Bonis, marchand de Montauban

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