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Un pèlerin découvre de curieuses coutumes en Savoie (1518)

25 décembre 2015 | Publié dans Histoires de pèlerins | 1 Commentaire
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Supplice en place publique - Miniature extraite des Chroniques de Jean Froissart - XVe siècle
Marchand de drap de soie à Douai, Jacques Le Saige partit pour la Terre sainte le 19 mars 1518. Traversant la France, il franchit les Alpes par la Savoie et le Piémont et, après un passage à Rome, rejoignit Venise où il embarqua sur un navire à destination de la Terre sainte. Il en revint peu après Noël de la même année et reprit son métier à Douai. En 1525, il avait pour enseigne les armes du patriarcat de Jérusalem d’un côté et de l’autre celles du royaume de Jérusalem avec cette devise : Loué soit Dieu, j’en suis revenu.

« De Bourgoin à La Tour du Pin, il y a deux grandes lieues et une petite ville avec un château bien haut assis sur une montagne. Nous demeurâmes là pour dîner et nous vîmes merveille car on amena un malfaiteur du château pour le faire mourir. Dieu lui pardonne ses fautes. Je fus bien ébahi de l’accueil que lui fit le bourreau. Car quand il vint près du malfaiteur, il se mit à genoux et implora sa pitié ; le pauvre homme fit de même et le bourreau l’embrassa et lui dit : « Mon frère, prenez en patience, car Dieu t’a invité au beau banquet avec les saints anges du paradis. » Et il disait encore tant de belles choses que c’était merveille. Je crois que c’était un prêcheur. Je ne pouvais le voir à cause de la foule, mais je poussai tant que je l’aperçus à mon aise. Il était accoutré comme un bourgeois et on l’avait amené de Grenoble. Car il n’y a que sept lieues de là.

Après avoir vu ces choses, nous vînmes dîner. Et alors que j’entrais dans la cuisine pour savoir si le dîner était prêt, je trouvai l’hôtesse qui se baignait dans une cuve-baignoire entourée de rideaux et de courtines. Je fus tout ébahi car on la voyait nue sans aucun bonnet ni vêtement jusqu’au ventre et elle avait devant elle une petite table où elle assortissait ses plats pour ses hôtes. Il nous fut dit que durant la gésine d’une femme, on les voit tous les jours baignant nues, et les voisins viennent souvent faire le banquet près de ladite gisante. J’en fus tout honteux, quittai subitement la cuisine et m’en allai dîner. Je le racontai à mes compagnons qui l’avaient vu une heure auparavant. »

 
Lire l’article complet : Le saint voyage d’un drapier

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Une réponse à : “Un pèlerin découvre de curieuses coutumes en Savoie (1518)”

  1. J F F chemincompostelle :

    Etant savoyard, je puis attester qu’on ne fait plus cela dans ma belle région…
    Tout fout le camp !
    Au plaisir de lire d’autres articles,
    Ultreïa  J F
     

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