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Un pèlerin-touriste du XIXe siècle à la grotte de la Nativité à Bethléem

1 octobre 2015 | Publié dans Histoires de pèlerins | 2 Commentaires
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Après la mise à la mode du « Grand Tour » par les précurseurs fortunés de la fin du XVIIIe siècle, le tourisme prend son essor en Méditerranée. Dès lors, pèlerins et touristes se côtoient en Terre sainte. Au milieu du XIXe siècle, le comte de Pardieu fait partie de ces visiteurs d’un nouveau genre, et il décrit ainsi la grotte de la Nativité à Bethléem, qui fait partie des « sites obligés » du pèlerin-touriste :

 

Lampes sur le lieu traditionnel de la naissance de Jésus, dans la grotte de la Nativité à Bethléem

« On nous donna à chacun une bougie allumée, et nous descendîmes les quinze marches d’un escalier qui se trouvait au bout de l’église. Nous entrâmes d’abord dans plusieurs chapelles et grottes souterraines. Dans l’une avait été déposé le corps de saint Jérôme, ce Père de l’Église qui avait quitté le monde et ses plaisirs, pour venir vivre, travailler et mourir à Bethléem. On montre la chambre dans laquelle il écrivait la Bible. On voit aussi le tombeau de sainte Paule et de sainte Eustochie, ces deux illustres Romaines qui renoncèrent à la pompe et aux grandeurs pour l’étable de Bethléem. Saint Eusèbe fut enseveli dans une autre de ces grottes. Les corps de tous ces saints ont été transportés à Rome. Nous arrivâmes ensuite à la chapelle des SS Innocents, où, dit-on, furent recueillis les corps d’une partie des victimes de la barbarie d’Hérode. Dans chacun de ces lieux, il y a un autel surmonté d’un tableau qui représente les saints dont les corps y ont été déposés.

Enfin, nous entrâmes dans une autre grotte souterraine, éclairée par de nombreuses lampes. Je m’arrêtai sur la porte, vivement ému. C’est dans cet emplacement même que, il y a près de dix-huit siècles et demi, naissait un enfant qui devait changer la face du monde. Même pour l’incrédule, ce fait rappelle le fait le plus important dans ses conséquences, que l’histoire ait retracé. Mais, pour le chrétien, comme cette grotte est imposante ! C’était donc là, au fond de ce souterrain, à la place même où était cet autel de marbre éclairé par de riches lampes, orné de fleurs et de draperies. C’était là qu’un Dieu voulut naître d’une vierge, pour racheter les hommes.

Nous nous prosternâmes devant le lieu sacré de la naissance du divin enfant, marqué par une plaque de marbre blanc incrustée de jaspe, placée sous la table de l’autel. Cette plaque était autrefois entourée d’un cercle d’argent sur lequel on lisait ces mots : « Hic de Maria virgine natus est Christus. » Cette inscription latine a disparu depuis peu. Les Grecs, dit-on, l’ont enlevée en haine des Latins.

Près de là, à droite, et en arrière, on descend par deux marches dans un enfoncement où se trouve un autre autel également en marbre, décoré de lampes, de fleurs et de draperies bleues. C’est la place de la crèche dans laquelle Marie posa son fils, enveloppé de langes, entre un bœuf et un âne ; c’est le prœsepium. C’est là que les mages vinrent adorer le Messie. La place où s’agenouillèrent les premiers adorateurs du Christ est indiquée par un autre autel. La crèche, qui est à Rome, a été remplacée par un bloc de marbre blanc.

L’autel de la nativité appartient aux Grecs, et la crèche aux Latins. Chaque secte officie à son autel, mais à des heures différentes. Ils peuvent cependant prier partout. La grotte de la nativité, taillée dans le roc et éclairée par trente-deux lampes envoyées par différents princes chrétiens, a, suivant Chateaubriand, 37 pieds et ½ de long, 11 pieds trois pouces de large et 9 pieds de hauteur. Le pavé est revêtu en marbre précieux. »

Ch. de Pardieu – Excursion en Orient

 

Autel de la Nativité dans la grotte de Bethléem
Autel de la Nativité dans la grotte de la basilique de Bethléem

L’étoile d’argent marque le lieu traditionnel de la naissance de Jésus. Les lampes, au nombre de 15 représentent les confessions chrétiennes de Terre sainte qui animent les Lieux saints: 6 pour les Grecs orthodoxes, 4 pour les Latins et 5 pour les Arméniens orthodoxes.

 
Lire l’article complet : Le comte de Pardieu en Terre sainte

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2 réponses à : “Un pèlerin-touriste du XIXe siècle à la grotte de la Nativité à Bethléem”

  1. AG :

    Veuillez m’envoyer des objets de piétés.

  2. lauteur :

    ?????

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