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Vaut-il mieux voyager à bord d’une nef ou d’une galère ? (1340)

26 avril 2010 | Publié dans Histoires de pèlerins | Écrire un commentaire
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Cérémonie de bénédiction d'un navire - 'Pontifical de Guillaume Durand' - Bibliothèque Sainte-Geneviève
Au XIVe siècle, la manière la plus habituelle de se rendre en Terre sainte est de rejoindre Venise ou un des ports de l’Italie du sud comme Bari ou Brindisi, et de s’embarquer à bord d’un navire pour traverser la Méditerranée orientale. C’est ce que fait Ludolph Schilder, qui séjourne ensuite en Orient de 1336 à 1341. Curé de paroisse de Sudheim, en Westphalie, il accompagne probablement en tant que chapelain un chevalier au service du roi d’Arménie. Au-delà des descriptions convenues des différentes étapes du pèlerinage et des sanctuaires de Terre sainte, Ludolph recense de nombreux renseignements sur les pays de La Méditerranée et du Proche-Orient, assortis de souvenirs personnels et imagés.

« Si on veut visiter la Terre sainte ou les pays d’outre-mer, il convient de faire la traversée avec un nef ou une galère. Si on prend une nef, on fait une traversée directe, sans s’arrêter dans les ports, à moins d’y être contraint par les vents contraires ou le manque de vivres, ou quelque autre nécessité. On laisse au sud la Barbarie à sa droite et on a vers le nord la Grèce à sa gauche. Et l’on peut voir les îles célèbres de Corse, Sardaigne, Sicile, Malte, Scarpantho, Crète, Rhodes et beaucoup d’autres grandes et petites. Après avoir vu tout cela, on arrive à Chypre.

Si on prend une galère, c’est un navire long qui va de rivage en rivage et de port en port, sans jamais s’éloigner de la rive et, chaque nuit, il fait relâche dans un port. Il y a soixante bancs de chaque côté, et sur chacun d’eux trois rameurs, manoeuvrant trois rames, et un archer. Il faut quotidiennement aller chercher des vivres car on ne peut pas en garder sur le bateau. En navigant ainsi, près du rivage, on voit de très beaux paysages, des villes, des villages, des châteaux ; tout ce qu’on ne fait qu’apercevoir de la nef, on le regarde en détail, longuement, de la galère. Et l’on peut ainsi, avec une galère, parcourir presque tout le monde, du côté septentrional. »

 
Lire l’article complet : Ludolph de Sudheim


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