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Marcher pour grandir dans sa tête Accueil Jeu. 05 Mar LE JOURNAL MEDIAPART LE JOURNAL LE CLUB Rechercher : Abonnez-vous ! Connexion utilisateur Identifiant :  Mot de passe : mot de passe oublié   Le Club à propos... Arthur Porto 85 contacts 1 édition 270 billets 5 articles d'édition 2359 commentairesParis - Ses contacts Edwy Plenel Raymond Boutou Ellemra pol Philippe Corcuff Marcel Nuss Grain de Sel HV Guillaume Frasca Sophie Dufau Roger Evano 1/9 » Ses éditions Iles de France Ses articles d'édition « Une Poste sans boîte aux lettres » La galerie des dons Centre Stéphane Hessel Les "je...dis" de Paul Valèry (3) Les « je...dis » de Paul Valéry (2) Ses liens à propos ... Ses favoris La culture du journalisme comme un acte intime Des chiens et des souches... Quel accueil pour la folie? Un médiapacte sur l'immigration? Une Association des abonnés-lecteurs de Médiapart ? 1/6 » à propos...  Thématiques du blog Bernard Ollivier . François Hollande . Juge des Enfants . Le Canard Enchainé . Lusofolie's . Musée de l'Histoire de l'immigration . Portugal . Tibéri . anticor . protection de l'enfance  2 Réactions alerter Partager Partager sur Facebook Partager sur Yahoo! Buzz Partager sur Del.icio.us Partager sur Wikio Partager sur Digg Partager sur Twitter @Envoyer Imprimer Augmenter Réduire Marcher pour grandir dans sa tête 05 mars 2015 |  Par Arthur Porto C'est une jeune fille de seize ans, en conflit dans sa famille, notamment avec sa mère, sans aucun lien avec son père, des fugues à répétition, un mois dans la rue, des foyers qui ne suffisent plus à l'accueillir, à l'encadrer, à lui donner envie de se poser. A bout de solution, faute de mieux, une éducatrice lui parle de rupture. Avec la famille, avec son milieu, avec ses habitudes. Un changement d'horizon, un "pas de côté". Il lui est proposé une randonnée de trois mois, avec un accompagnateur. Les conditions? Un sac à dos, matériel de camping et suivre le chemin de St Jacques, en l'occurrence Roncevaux-Porto, avec un arrêt à Santiago de Compostela (St Jacques), un passage à Cabo Fisterra (Finisterre en galicien). Environ 150 km. Pas de musique, pas de portable. C'est l'histoire de la marche d'Éléonore, racontée dans Démarche, le documentaire de Stéphanie Paillet. Cent jours sur le "camino francês" qui relie les Pyrénées à St Jacques de Compostelle. Prise en charge par l'Association Seuil, qui reçoit pour marcher des jeunes en difficulté, dans un cadre civil ou pénal, confiés par un Juge des Enfants. C'est une initiative de Bernard Ollivier, écrivain, marcheur, dont nous avons rendu compte de son dernier livre Marche et invente ta vie . Pour ces marches, parfois une alternative à la prison, l'équipe de Seuil a l'intention de permettre à des jeunes,  en mal d'estime de soi, d'accomplir un acte "exceptionnel", de montrer à soi-même et aux autres qu'on peut réussir un projet. Que peut-on dire sur l'évolution d'un jeune "en galère" dans ces marches? A quoi ça sert? Comment mesurer les effets? Questions légitimes, à laquelle on pourrait rétorquer "cela n'intéresse qu'au jeune concerné". En définitif ce n'est que lui ou elle qui sait ou qui saura, en quoi la marche l'a transformé, qu'est-ce qu'elle lui a appris. Même si cela se déroule en plein air, se joue en public, c'est un acte intime "entre-soi" (ses pieds et sa tête), et au même temps de partage avec l'accompagnateur, des échanges multiples lors des rencontres, des liens avec son entourage, sa famille, les promoteurs du projet. Et ce documentaire, à sa façon, par touches, nous le laisse deviner et finalement suggère des pistes de réflexion. Éléonore s'exprime bien, est joyeuse, va facilement vers les autres et ses interrogations, ses doutes lui ouvrent le regard vers l'avant-marche qui était rempli de certitudes l'inspirant dans ses actes définitifs qui provoquaient son exclusion. Dans sa toute puissance qui l'empêchait de penser et de vivre avec les autres. Éléonore nous permet de comprendre l'ambition du projet et ses limites. Qu'est-ce qu'une marche réussie, à quel moment on dit qu'il y a échec? On comprend le désarroi des bâtons-statistique. Il s'agit ici surtout, de l'expérience d'une décision prise par un mineur en difficulté, son engagement dans une Démarche, la conviction et la volonté d'aller jusqu'au bout d'un projet. Quand il l'interrompe on peut dire que "ça n'a pas marché", qu'une fois encore il a été confronté à un échec. C'est sans doute là qu'il sera tenu d'assumer sa décision ou comprendre plus tard, que c'était une opportunité qu'il n'a pas pu, ou su, ou voulu s'en saisir. Une amie, qui connaît bien l'Association Seuil, me disait à la fin de sa projection du film aux Ateliers Varan "Il manque des choses dans ce film sur la marche et la jeune aurait encore des choses à dire". Vraisemblablement,  mais entre les contraintes du tournage, de durée (52'), les impositions du producteur, Stéphanie Paillet a pu rassembler des séquences qui me semblent montrer la difficulté de l'entreprise et la joie de son accomplissement. Plusieurs moments seraient à souligner. Je note celui où l'éducatrice à l'origine de son projet, la rejoint sur le chemin pour faire le point avec Éléonore et marche quelques jours avec elle. Une façon tout à fait original où l'éducatrice se met à la "hauteur" de la jeune accomplissant les mêmes gestes, chaussant les mêmes bottes, dans un "faire avec" qui peut aider à la réflexion de nos systèmes éducatifs. Si on pouvait résumer, voilà comme un rêve, celui de Bernard Ollivier de faire marcher sur les sentiers et dans leurs têtes, des jeunes en "galère"; comment une jeune Éléonore s'en est appropriée; la façon et la méthode dont une équipe de professionnels et bénévoles avec Christophe l'accompagnateur, Clémence qui vient aider à terminer le périple, Paul, le directeur qui organise et supervise. Tout ceci est rendu public par Stéphanie Paillet qui a su, malgré des nombreux obstacles, rendre compte par un document, Démarche, pour le grand public mais aussi bien utile pour les professionnels (éducateurs, enseignants, magistrats). Elle donne à voir et fait réfléchir sur des jeunes qui aujourd'hui sont souvent sur le bord de la route de la vie! *  *  *  Pour visionner ce film sur le web: http:/vimeo.com/stephaniepaillet/demarche   [mot de passe: assoseuildemarche] Dans les commentaires lire un extrait du journal de bord d'Éléonore et brève explication de Stéphanie Paillet sur l'origine de son documentaire, publiée dans le livre de Bernard Ollivier, "Marche et invente ta vie". Bernard Ollivier camino de Santiago Christophe clémence Délinquance des mineurs Eléonore Paul Dall'Acqua protection de l'enfance randonnée Stéphani Paillet Menu Commentaires Tous Les + discutés Les + recommandés Ordre chronologique Tous les commentaires 05/03/2015, 11:36 | Par Arthur Porto Extraits : Journal de bord d'Éléonore, publié dans le site de l'Association Seuil [assoseuil.org] *   "[...]  Le 17 août 2012 Olà, A Sarria, le 17 août, Stéphanie et Marco, qui réalisent un documentaire sur la marche Seuil, nous ont rejoints pour quelques jours. Une bonne ambiance s'est installée pendant la marche et le soir une super complicité.  Malheureusement, on est entré dans une partie du chemin où çà devient la course pour avoir une place à l'auberge.  Après un peu de temps pour s'habituer à marcher avec le rythme spécial du film, on reprend ses habitudes, sans dire pour autant que l'on en oublie la caméra. Un midi, une française, Francesca, est curieuse des caméras et encore une fois, une bonne complicité s'installe entre nous et cette rencontre est suivie d'une autre, avec Christophe, un belge, qui dirige une chorale et joue de l'orgue. Arrivés à Arzua, on mange tous ensemble et le lendemain, Nathalie, la responsable du suivi de la marche, Cécile la psychologue et Sandra, mon éducatrice ASE, arrivent pour le groupe de soutien [...]". * *    "[...]  Arrivé à Santiago, l'effet de la fin du Camino Frances n'est pas flagrant, peut être du fait que çà n'est pas la fin pour moi. En tout cas, je récupère quand même le courrier et téléphone à ma mère, ce qui me fait le plus grand bien. Le lendemain, on se met dans l'idée d'aller visiter Santiago, mais beaucoup de fatigue et des nausées non habituelles, auxquelles s'ajoute une gastro nous en empêche! Un jour de repos et c'est reparti. Pas au meilleur de ma forme, mais au final, ce jour là, je bats mon record kilométrique: 33,4 kms. Wouahhh!!! Ce soir là, nous dormons dans une auberge vraiment chaleureuse et pour le lendemain, le phare du Cap Finisterre. Arrivée là-bas, un grand vide que l'on peut remplir de ce qu'on a envie. J'ai participé à ma manière à la tradition de brûler des affaires. J'ai en effet brûlé un papier sur lequel j'avais écrit que je n'y arriverais jamais. Puis on retrouve Clémence, celle qu'on avait rencontrée plusieurs semaines auparavant et qui me laissait des dessins dans les auberges. Avec elle, je vais faire «ma première communion», en allant me jeter dans l'océan atlantique toute habillée. Ensuite, on va faire un pique-nique sur la plage pour voir un magnifique coucher de soleil et une lune presque pleine. Le lendemain, on prend le bus pour retourner à Santiago où on retrouve Christophe le belge, qui nous invite au restaurant avec Marco et Elise (assistante du film) et on finit la soirée en dansant le French Cancan devant la cathédrale!. Le lendemain, pas de départ pour le chemin portugais puisque le portefeuille de Christophe s'est envolé!!! On part le jour suivant avec Clémence qui nous a rejoints pour faire le chemin portugais avec nous. Aujourd'hui, retour à la marche. Chouette!! [...]". * * *  "Un web-documentaire" par Sandrine Paillet: " J'ai toujours aimé marcher. C'est vital pour moi. J'ai entendu parler de Bernard Ollivier pour la première fois en mai 2006, un article dans un journal. [...] Quelques semaines plus tard, j'entendais parler de son projet: l'Association Seuil. La marche au centre d'un projet de réinsertion pour jeunes en difficultés. "En voilà enfin un qui a tout compris!" fut ma première réaction. J'ai trouvé son initiative fabuleuse. Ma seconde réaction a été de prendre contact avec lui. Il m'a parlé de son association. Je lui ai parlé de mon envie de faire un documentaire. De suivre un:e jeune sur les chemins de Compostelle. Il m'a dit que jamais il n'accepterait un film sur son association et ses jeunes. Mais je ne me suis pas découragé. J'ai mis le pied dans la porte. Et j'ai insisté! Jusqu'à ce qu'il craque... avec un enthousiasme encore plus débordant que le mien! En 2012, après de longues péripéties, j'ai donc commencé le tournage de mon film [...]".  Alerter 05/03/2015, 11:44 | Par GMM En marchant, comme ça, mais aussi a un moindre degré dans de petites marches de deux heures, on se vide la tête de tout ce qui l'encombre, pour ne garder que l'essentiel.  Alerter Qui sommes-nous ? Nous contacter FAQ Journal imprimé Mentions légales Charte éditoriale CGV Confidentialité Newsletter Email : * S'inscrire Non Je m'identifie Identifiant :  Mot de passe : mot de passe oublié Je m'abonne à partir de 1EUR seulement