À pied jusqu’à JérusalemÀ pied jusqu’à Jérusalem À pied jusqu’à RomeÀ pied jusqu’à Rome Compostelle info

Compostelle, la libératrice - Actualité - Le Monde des Religions En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d'intérêts. En savoir plus et gérer ces paramètres Le Monde des Religions La Vie Prier Le Monde Télérama Le Monde diplomatique Le Huffington Post Courrier international Le Monde des religions vendredi 28 août 2015 Contact | Newsletter | RSS MA PAGE Je m'inscris Home Actualité Savoir Rencontres Culture Vidéos Archives Boutique Recherche Dans la même rubrique   Compostelle, la libératrice   Le Tout Nouveau Testament : et si Dieu était belge ?   Rabbin Delphine Horvilleur : "Il faut briser le tabou de l'homosexualité"   "Des conflits géopolitiques sous couvert de religion"   De jeunes bouddhistes en "pleine conscience" avec la nature Livre Compostelle, la libératrice Ève Taraborrelli - publié le 28/08/2015 Dans son livre Vers Compostelle : drôles de rencontres*, Antoine Bertrandy nous emmène avec lui sur la route du pèlerinage chrétien le plus célèbre. Une façon pour lui de partager le chemin tortueux qui « a changé son regard sur le monde ».  © DR Tourmenté par le désir contrarié d'un deuxième enfant qui tarde à venir et par une carrière professionnelle qui piétine, Antoine Bertrandy a besoin d'air. Il se ressource dans la littérature de voyage, se délecte des ouvrages d'Édouard Cortès et de Sylvain Tesson, admirant chez eux le courage qu'ils ont trouvé pour traverser, seuls, le monde. Frustré d'être resté si longtemps « dans sa petite banlieue », il décide un beau jour de se lancer sur la route de Compostelle. Le temps de l'aventure Lorsqu'il quitte son appartement ce beau jour d'octobre, prêt à dire « au revoir » à ses proches, Antoine Bertrandy est saisi par l'émotion. L'émotion de partir un mois loin de son épouse et de sa fille, d'être seul et de marcher. Cela fait pourtant des jours qu'il prépare son grand départ. Tout au long du mois de septembre, il s'est entraîné à marcher sur des distances de plus en plus longues, avec sur le dos des charges de plus en plus lourdes, se préparant au mieux à « dévorer le Chemin ». Connue pour avoir accueilli au IXe siècle un sanctuaire en l'honneur de Jacques le Majeur dont on pensait avoir retrouvé la dépouille, Compostelle ne deviendra un grand pèlerinage chrétien que plus tard, en 1492, lorsque le pape Alexandre VI reconnaît Saint-Jacques-de-Compostelle comme l'un des trois grands pèlerinages de la Chrétienté. Chaque année, ce sont environ 200 000 pèlerins qui foulent le long et tortueux Camino, ainsi qu'on l'appelle, à la recherche de ce « je-ne-sais quoi » spirituel et indélébile. Habité d'une « foi chrétienne assez marginale », Antoine Bertrandy n'en est pas moins convaincu de l'existence de Dieu. S'il nous confie n'être ni religieux ni « sensible à la liturgie chrétienne », il garde toujours une Bible à portée de main et ne se prive pas de « rêver d'un chemin de sagesse et de libération ». C'est donc avec cet espoir de délivrance qu'il ose partir et quitter quelques semaines son confort francilien. Un chemin de rencontres Malgré un départ ému et quelques douleurs - « très modestes, même au début » -, le courage ne quitte pas le nouveau pèlerin. Seul, il se lance sur la route, sans trop savoir pourquoi, mais sans jamais abandonner. Il écrit : « S'engager fermement dans une direction et marcher plusieurs semaines durant jusqu'au bord de l'épuisement a eu ceci d'inouï de me faire oublier mes douleurs et sécher mes larmes. » Une force extraordinaire, décuplée par le fait d'être parti seul. Car depuis qu'il en a fait l'expérience, il en est convaincu : « pour avancer, la solitude est meilleure compagne. » Contrairement à de nombreux pèlerins, Antoine Bertrandy a en effet choisi de partir seul sur la route de Compostelle. « Groggy et sonné du départ », il a rapidement repris pied grâce aux nombreuses rencontres qu'il a faites, rencontres qu'il décrit avec humour et émotion dans son ouvrage. Ainsi Samuel, ce jeune Français au tee-shirt orange, si amoureux des pèlerinages qu'il les enchaîne tout au long de l'année. « Quand j'ai croisé Samuel pour la deuxième fois, il m'a dit qu'aucune rencontre n'arrivait par hasard. Cela a donné le ton à mon voyage », nous confie Antoine Bertrandy. C'est avec un malin plaisir qu'il dévoile ses rencontres, tantôt cocasses, tantôt touchantes, nous emmenant avec lui sur les huit cents kilomètres qui relient Saint-Jean-Pied-de-Port en France à Saint-Jacques-de-Compostelle en Espagne. Sans nul doute, le Chemin est « parfaitement katholikos, parfaitement universel », comme l'écrit Antoine Bertrandy. Ici, l'on croise des individus venus des quatre coins du monde pour marcher - et surtout combler une fêlure, « même si tout le monde ne se l'avoue pas ». Quand les pieds saignent, quand les articulations commencent à souffrir, le plus difficile n'est alors pas de s'arrêter, mais de « laisser filer tous ces gens auxquels on s'était lié ». Sur le Camino, les rencontres, aussi fortes soient-elles, sont donc éphémères. Lâcher-prise « Pour atteindre les reliques de Saint-Jacques, les marcheurs du Moyen-Âge devaient non seulement franchir le relief, braver les intempéries et échapper aux loups et aux ours, mais il leur fallait en outre éviter les brigands prêts à les estourbir pour les soulager de leurs possessions dérisoires. » Voilà comment Antoine Bertrandy nous présente le fameux pèlerinage à ses débuts. Un portrait bien différent du Camino actuel. Aujourd'hui, des flèches au sol indiquent le chemin à suivre, des balises ponctuent les routes, et les cafés et autres restaurants sont bien souvent dotés d'un réseau Wi-Fi. « Les refuges sont tellement organisés que cela ne nous oblige pas à puiser dans nos ressources ou à aller vers les autochtones », nous confie le pèlerin, visiblement déçu de n'avoir pu repousser ses limites. Bien que bouleversé « ad vitam aeternam » par son expérience, il ne se prive pas de qualifier Compostelle « d'antiaventure » où les marcheurs ne sont « victimes de rien d'autre que de la lancinante épreuve des ampoules aux pieds ». Après une longue journée de marche, les pèlerins n'ont a priori rien d'autre à faire que de se reposer dans leur refuge, prendre des notes pour remplir leur carnet de voyage, et - tout de même - laver à la main leurs vêtements. « C'est cela aussi être un pèlerin moderne : avoir peur que son slip ne soit pas sec quand on l'enfile le matin », note Antoine Bertrandy avec un sens de l'autodérision. C'est donc mu par une soif de liberté que notre ami décide un beau jour de lâcher en chemin ses guides et plans, geste qu'il qualifie de « premier pas vers la perte de contrôle ». Après cela, le Chemin semble plus facile, et surtout, prend tout son sens. Enfin, Antoine Bertrandy comprend ce qu'il fait là, à user ses chaussettes et fatiguer ses genoux. « D'un coup, j'ai ressenti une libération, de la joie, un relâchement qui ne m'a pas quitté depuis », nous confie-t-il. Bien sûr cela n'arrive pas du jour au lendemain, sans prévenir ; il s'agit plutôt d'une étape dans un long processus spirituel, étape qui montre bien que « l'essentiel dans cette aventure ne réside pas dans son but ultime », mais plutôt dans ce qu'Antoine Bertrandy appelle « l'engagement total en avant », cette façon de se donner tout entier au Chemin.   Bientôt, Antoine Bertrandy reprendra la route. Grâce à Compostelle, il assure avoir trouvé la confiance et le calme. « J'avais besoin d'essorer ma colère, ma tristesse », nous dit-il, prêt à enfiler de nouveau ses chaussures de marche et son sac à dos, en direction de Rome, cette fois. « J'ai envie de marcher, de découvrir ce chemin » a priori moins balisé que Compostelle. Mais, instinct de survie oblige, il emportera ses cartes et guides avec lui, « sans pour autant s'interdire de les lâcher en cours de route. » Promis ! (*) Éditions Transboréal, 2015, 300 p., 11,90 EUR.

Tweet Dernières réactions Toutes les réactions Réagir à cet article Pour pouvoir publier une réaction, il faut être membre de la communauté du Monde des Religions Ma réaction Envoyer ma réaction  Je reconnais avoir pris connaissance des conditions générales d'utilisation Je ne suis pas encore membre ! Je m'inscris Édition n° 73 Voir le sommaire et les articles en accès libre Accéder à tous les articles Abonnés uniquement S'abonner à la newsletter Recevez les nouvelles du Monde des Religions dans votre boîte e-mail ! S'abonner à la newsletter Hors-série Les 20 dates clés de l'islam De façon pédagogique mais rigoureuse, l'histoire du monde musulman à travers vingt dates, choisies et expliquées par des experts reconnus. Commander Hors-série Les 20 dates clés du christianisme Les deux mille ans d'histoire qui ont façonné le christianisme, et notre civilisation à travers lui. Une introduction pédagogique mais rigoureuse, confiée aux meilleurs spécialistes. Commander Hors-série 20 clés pour comprendre les sectes Marginaux, hétérodoxes, dissidents religieux... Dans toutes les civilisations, certains groupes minoritaires sont controversés et qualifiés de « sectes ». Commander Coffret La Petite bibliothèque des sagesses Rassemblés et commentés par la rédaction du Monde des Religions, les plus grands textes de sagesses de l'humanité sont réusnis dans ce coffret 10 volumes. Commander À la une Livre Compostelle, la libératrice Cinéma Le Tout Nouveau Testament : et si Dieu était belge ? Islam On ne badine pas avec l'humour Judaïsme Rabbin Delphine Horvilleur : "Il faut briser le tabou de l'homosexualité" Moyen-Orient "Des conflits géopolitiques sous couvert de religion" Recherche Qui sommes-nous ? | Contact Rubriques Actualité Savoir Rencontres Culture Documentation Dossiers web Archives Diaporamas Audio Vidéos Interactif Agenda Blogs Vos réactions Vos débats Fils RSS Boutique Abonnements Hors-série Livres DVD CD Mentions légales | CGU | Cookies | © Malesherbes Publications