À pied jusqu’à JérusalemÀ pied jusqu’à Jérusalem À pied jusqu’à RomeÀ pied jusqu’à Rome Compostelle info

DIAPORAMA - Préparatifs de départ pour Compostelle - La Croix Librairie Croire La Croix International 1jour1actu Phosphore Urbi&Orbi Urbi&Orbi Africa Urbi&Orbi Español Pelerin Bayard Jeunesse Sommaire ACCUEIL FranceMondeEconomieReligionCultureSciences & éthiqueFamilleSportDébatsUrbi & OrbiBlogsVideosDossiersArchivestélécharger l'édition du jourédition du 05/07/2017librairiePas encore abonné ?Abonnez-Vous à partir d'1EURprofitez de l'offreAbonnez-Vous à partir d'1EUR Religion Laïcité Catholicisme Islam Judaïsme Protestantisme Orthodoxie Bouddhisme Croire France ReligionLaïcitéCatholicismeIslamJudaïsmeProtestantismeOrthodoxieBouddhismeCroireVous consultez votre 4 ème article sur les 5 offertsDécouvrez l'accès ilimité + de nombreuses fonctionnalités En savoir plusÀ la uneToutFranceMondeCultureReligionVaccination, tabac, lunettes : les annonces d'Édouard Philippe sur la santéLe diocèse de Saint-Étienne touché par une affaire de pédophiliePourquoi ne parvient-on pas à arrêter la Corée du Nord ?Édouard Philippe repousse certaines promesses fiscalesTour de France : Arnaud Démare, jeu gagnant pour la Française des JeuxLa définition des perturbateurs endocriniens enfin votée à BruxellesPreviousNextPour les réfugiés du Liban, un aller simple pour la FranceÉdouard Philippe vivra-t-il « l'enfer de Matignon » ?Affaire Grégory, Murielle Bolle reste en détentionTerrorisme, les associations de victimes inquiètesL'isolement social, ce fléau invisiblePreviousNextAu Pakistan, la justice se saisit des « crimes d'honneur »Trente-sept femmes enlevées par Boko Haram au sud-est du NigerAux États-Unis, des marches contre Trump en pleine fête de l'IndépendanceStrasbourg ou Bruxelles, un siège unique pour le Parlement européen ?En Israël, le Parti Travailliste se cherche un leaderEntre Pékin et Washington, fin de lune de mielPreviousNext« Harry », mon pire ami sur ArteJazz à Vienne honore ColtraneDIAPORAMA - Nantes remet en lumière son musée d'artsVers une salle de bains plus verte ?Avec l'arrivée de la LGV, Bordeaux mise sur la cultureRussell Banks, le voyage d'une viePreviousNextLe diocèse de Saint-Étienne touché par une affaire de pédophilie« Donald Trump en appelle à la part sombre des Américains », déclare le cardinal TobinAu Vatican, des diplomates plaident pour l'avenir des océansAl-Azhar veut pénaliser « les discours de haine » contre la religionLe « châle » de la députée de Mayotte, Ramlati Ali, agite l'extrême droiteLa communauté juive endeuillée par la mort de Simone VeilPreviousNextArticles suggérés Abonnez-vous à 1 EUR DIAPORAMA - Préparatifs de départ pour CompostelleAntoine Peillon (au Puy-en-Velay), le 05/07/2017 à 7h50 0 0 De Pâques à la Toussaint, les pèlerins de Compostelle sont accueillis, la veille de leur départ du Puy-en-Velay, par des « coquillards » chevronnés. Chaque soir, ils bénéficient de l'écoute fraternelle, parfois miséricordieuse, des hospitaliers du Camino, une maison diocésaine ouverte à tous. DIAPORAMA Veille de départ. Les « coquillards » chevronnés échangent avec les novices. / IshtaParfois, une ombre passe dans le regard de Dominique Bourgin. L'énergique « responsable » (elle n'aime pas son titre de directrice) du Camino et du café des pèlerins a pourtant de quoi se féliciter au regard du succès des oeuvres de l'association diocésaine qui les gère, au sein d'une propriété de l'évêché du Puy-en-Velay (Haute-Loire), un hôtel aristocratique du XVIe siècle attenant à la cathédrale, au sommet de la ville (1).Mais, certains jours, les confidences de pèlerins sur le départ vers Compostelle pèsent lourd. Elle raconte, par exemple : « Il y a peu, nous avons reçu une maman qui était en pleine séparation conjugale et qui avait quitté subitement son domicile, sans organiser la garde de ses très jeunes enfants. Elle disait vouloir prendre le chemin sans aucune préparation ni équipement... J'ai essayé de la raisonner, mais ce fut très difficile. »Accueillir des pèlerins aux attentes si diversesAu registre des peines, elle poursuit : « Le même jour, une dame quinquagénaire arrivait de Compostelle, après plus de deux mois de marche. Ses enfants, de grands adolescents, lui avaient réservé la surprise de l'accueillir ici. Elle a manifesté un grand désarroi, expliquant qu'elle avait besoin de sortir très progressivement de sa solitude. »Lire aussi Blandine et Arthur, deux missionnaires sur le chemin de St-Jacques-de-CompostelleDe même, Dominique se souviendra toujours de « cet homme qui était venu pour mourir sur le chemin », dont le sac à dos était une véritable pharmacie et recelait une pochette imperméable où se trouvaient ses dernières volontés, ou encore de « cette mère, très agressive, qui avait perdu deux enfants à quelques jours de distance ».La responsable du Camino en est venue, confie-t-elle, à se poser cette question : « Suis-je à la hauteur ? » Un bénévole, vétéran du chemin, qui l'assiste ce jour-ci à l'accueil du Café des pèlerins, développe son approche des mêmes échanges : « Cela nous exerce à la miséricorde, laquelle n'exige aucune réciprocité, mais suppose la confiance, l'ouverture et le "croire-ensemble". Pour se déployer, ce bon accueil exalte la vie de l'autre au prix de l'effacement de soi. »Une diversité humaine et spirituelleSi le sac à dos des pèlerins est, dans certains cas, « lesté d'un sacré fardeau », beaucoup des quelque 16 000 personnes qui s'élancent, chaque année, depuis la cathédrale du Puy vers Compostelle (2), viennent pour célébrer des événements heureux : naissances, guérisons, anniversaires de mariage, passages à la retraite... Presque tous, aussi, expriment vivement leur besoin de « couper avec la société de consommation, avec le travail, Internet et le portable ».Au registre des joies, Dominique témoigne de la solidarité qui la lie à Anne-Cécile, une très jeune salariée du Camino, et à la vingtaine de bénévoles de l'association des Amis de Saint-Jacques du Velay. Bon nombre d'entre eux ont fait le pèlerinage. Ce sont « des femmes et des hommes âgés de 20 à 78 ans, de tous les profils socioprofessionnels : hôteliers, enseignants, mères au foyer, élus locaux... »Une diversité sociale à laquelle fait écho celle des spiritualités, puisque « des catholiques très croyants et pratiquants travaillent ici, main dans la main, avec des agnostiques » pour lesquels la tutelle diocésaine sur l'établissement ne représente aucune difficulté.Des échanges profonds, parfois personnelsChaque jour, de Pâques à la Toussaint, le Café des pèlerins ouvre les portes de sa terrasse, de son jardin ou d'une salle voûtée, quand il ne fait pas beau temps. Et chaque soir, entre 17 h 30 et 19 h 30, les Amis de Saint-Jacques du Velay prennent possession des lieux pour animer des réunions d'accueil au cours desquelles les coquillards expérimentés initient ceux qui prendront le chemin le lendemain matin aux us et coutumes du pèlerinage, avec ses difficultés, ses plaisirs, ses sens divers et variés. Les uns et les autres échangent beaucoup sur leurs motifs personnels, souvent intimes.Lire aussi : Au Puy-en-velay, pas à pas sur le chemin du jubiléDans la salle commune du Relais du pèlerin Saint-Jacques (3), trois hospitaliers bénévoles, Jeanine Calland, venue de Bourg-en-Bresse, Marie et Jean-Claude Pinaud, arrivés du Limousin, accueillent les pèlerins. Situé à 100 mètres de la cathédrale, l'établissement associatif, ouvert entre le 1er avril et le 15 octobre, dispose de 27 lits répartis en deux dortoirs et cabines individuelles, accessibles selon le principe ancestral d'une libre participation aux frais, le « donativo ».Un oeucuménisme en acteÀ l'apparition de Kristin Pieper, une jeune femme allemande qui boucle tout juste son pèlerinage de Genève au Puy, réalisé au pas de course en deux semaines seulement, Dominique Bourgin et ses trois amis hospitaliers ne dissimulent pas leur joie. « Recevoir, écouter beaucoup, renseigner, rassurer, accompagner à la messe, préparer de bons petits-déjeuners » : Jeanine, Marie et Jean-Claude définissent presque d'une seule voix leur mission.À quelques pas de leur havre, Monika Bláhová et Josiane Ganaye tiennent pareillement un « bureau des pèlerins ». Chaque matin, à la cathédrale, Monika, protestante allemande, proche de l'évêque catholique de Trèves (Rhénanie-Palatinat), bénit les pèlerins sur le départ pour Compostelle. Cet oecuménisme en acte la réjouit.Réfléchir, se retrouver, partagerCe soir, Josiane partage avec les touristes de passage son enthousiasme de pratiquante du chemin : « Il suffit de marcher et de prendre ce que chaque jour vous donne... » Un peu plus tard, Kristin, après avoir rangé son sac et ses chaussures de marche dans un local isolé du dortoir - punaises de lit obligent - ne tarde pas à rejoindre le Camino, où elle retrouve James, l'un des bénévoles des Amis de Saint-Jacques du Velay, Jacques Ezguilian, 70 ans, et son beau-frère Robert Gazarian, 65 ans, tous deux sur le départ pour Compostelle. « On ne domine pas le chemin, il faut laisser le chemin entrer en nous », avertit James.Jacques et Robert lui répondent, en écho : « Oui, pour nous, le pèlerinage sera aussi l'occasion de réfléchir à ce qu'est la vie, d'être chacun seul avec soi-même et avec la nature, mais aussi d'échanger nos idées et de casser la croûte ensemble. Ce sera aussi une façon de rendre hommage à nos parents. » Robert a perdu récemment ses deux parents ; la mère de Jacques est morte en octobre 2016, « juste avant d'avoir 100 ans ». Tous deux se disent attirés par la dimension spirituelle de la marche vers Compostelle.Une fraternité presque millénairePlus silencieuses, Kristin et Claire, une Haut-Savoyarde de 45 ans accompagnée d'un très beau golden retriever, épluchent les cartes topographiques et les guides, échangent sur les chaussures, le poids optimal des sacs, le soin qu'il faut prendre des pieds et du dos.Deux étages plus haut, le Père Bernard Planche, recteur de la cathédrale depuis septembre 2016, se dit frappé par « l'esprit pèlerin » de ces dizaines de milliers de personnes qui « se mettent en mouvement et viennent chercher quelque chose d'autre que ce que propose la société de consommation, sans doute une dimension spirituelle de la vie, en fait ». Il médite : « Apprendre à laisser le pèlerinage vivre en soi, c'est découvrir le chemin, la vérité et la vie. Partager les émotions, questionnements, souvenirs, problèmes des autres pèlerins permet de renaître à une vie nouvelle. »Une vie où, affirme-t-il, « la solidarité, l'hospitalité, la précarité matérielle et même la gratuité tissent la fraternité presque millénaire du camino de Compostelle ». Antoine Peillon (au Puy-en-Velay) (1) Hôtel Saint-Vidal, 2 rue de la Manécanterie, 43000 Le Puy-en-Velay. Tél. : 04.71.09.06.00.(2) Comptage 2016 des pèlerins aux messes de départ depuis la cathédrale, chaque jour, à 7 heures du matin, par les Soeurs de Saint-Jean.(3) 28, rue du Cardinal-de-Polignac, 43000 Le Puy-en-Velay.

à suivre : La Mecque reste la cible d'extrémistes Thèmes associés pèlerinageréagissez00réagissezVous devez être connecté afin de pouvoir poster un commentaireDéjà inscrit sur la Croix ?SE CONNECTERPas encore abonné ?ABONNEZ-VOUSà partir d'1EURPublicitéPublicité Autour de cet article Moyen-Orient La Mecque reste la cible d'extrémistes Monde Des étudiants tchèques dans les pas des pèlerins médiévaux, entre... Livres & idées Trois livres d'escapades spirituelles France « Pôle H », au service des personnes handicapéesPublicitéÀ la une Tout France Monde Culture Religion SantéVaccination, tabac, lunettes : les annonces d'Édouard Philippe sur la santéFranceLe diocèse de Saint-Étienne touché par une affaire de pédophilieForum et débatsPourquoi ne parvient-on pas à arrêter la Corée du Nord ?FranceÉdouard Philippe repousse certaines promesses fiscalesSportTour de France : Arnaud Démare, jeu gagnant pour la Française des JeuxImmigrationPour les réfugiés du Liban, un aller simple pour la FrancePolitiqueÉdouard Philippe vivra-t-il « l'enfer de Matignon » ?JusticeAffaire Grégory, Murielle Bolle reste en détentionSécuritéTerrorisme, les associations de victimes inquiètesExclusionL'isolement social, ce fléau invisibleAsie-OcéanieAu Pakistan, la justice se saisit des « crimes d'honneur »AfriqueTrente-sept femmes enlevées par Boko Haram au sud-est du NigerAmériquesAux États-Unis, des marches contre Trump en pleine fête de l'IndépendanceEuropeStrasbourg ou Bruxelles, un siège unique pour le Parlement européen ?Moyen-OrientEn Israël, le Parti Travailliste se cherche un leaderTV / Radio« Harry », mon pire ami sur ArteMusiqueJazz à Vienne honore ColtraneExpositionsDIAPORAMA - Nantes remet en lumière son musée d'artsArt de vivreVers une salle de bains plus verte ?CultureAvec l'arrivée de la LGV, Bordeaux mise sur la cultureFranceLe diocèse de Saint-Étienne touché par une affaire de pédophilieMonde« Donald Trump en appelle à la part sombre des Américains », déclare le cardinal TobinPapeAu Vatican, des diplomates plaident pour l'avenir des océansIslamAl-Azhar veut pénaliser « les discours de haine » contre la religionLaïcitéLe « châle » de la députée de Mayotte, Ramlati Ali, agite l'extrême droitePublicitéPublicitéDécouvrez nos articles à la UneProtestantismeOEcuménisme, les réformés mettent fin à 500 ans de contentieux théologique La Communion mondiale d'Églises réformées s'apprête à signe ...Asie-OcéanieAu Pakistan, la justice se saisit des « crimes d'honneur » À Islamabad, où une adolescente a récemment été prise pour ...ÉthiqueEnfants nés par GPA, quel statut pour le parent social ? La Cour de cassation dira mercredi 5 juillet si le parent « ...MondeL'Inde est désormais un marché unique Les vingt-neuf États et les sept Territoires de l'Union ind ...TV / Radio« Harry », mon pire ami sur Arte « Harry, un ami qui vous veut du bien », mercredi 5 juillet ...SportTour de France, la moyenne montagne fait grimper la pression Pour la première fois depuis 1992, le tracé du Tour emprunt ...EnvironnementLaurence Tubiana : « Sur le climat, la France doit être plus ambitieuse » Le gouvernement doit rendre public jeudi 6 juillet un plan ...SantéVaccination, tabac, lunettes : les annonces d'Édouard Philippe sur la santé À partir de l'an prochain, les 11 vaccins pédiatriques sero ...FranceLe diocèse de Saint-Étienne touché par une affaire de pédophilie Un prêtre octogénaire reconnaît avoir commis des agressions ...PreviousNextVeille de départ. Les « coquillards » chevronnés échangent avec les novices.IshtaMarie et Jean-Claude Pinaud et Janine Calland sont hospitaliers bénévoles chargés de l'accueil au Relais du pèlerin Saint-Jacques.IshtaRobert Gazarian, qui part le lendemain avec son beau-frères Jacques, et Kristin Pieper, qui vient d'arriver après deux semaines de marche seulement.IshtaBeaucoup des quelque 16 000 personnes qui s'élancent chaque année viennent pour célébrer un événement heureux : guérison, anniversaire, retraite entre amis...IshtaChaque jour, de Pâques à la Toussaint, le Café des pèlerins ouvre les portes de sa terrasse, de son jardin ou d'une salle voûtée aux pèlerins.IshtaItinéraires, équipement, rythme... Janine Calland se rend disponible chaque soir pour répondre aux questions.IshtaDominique Bourgin, responsable du Camino (à g.), et Janine Calland, chargée de l'accueil (à d.), entourent Kristin Pieper, jeune Allemande en pèlerinage de Genève au Puy.IshtaDans l'église du Puy-en-Velay.IshtaJacques Ezguilian, sur le départ pour Compostelle, avec son beau-frère Robert.Ishta1 / DIAPORAMA - Préparatifs de départ pour CompostelleDe Pâques à la Toussaint, les pèlerins de Compostelle sont accueillis, la veille de leur départ du Puy-en-Velay, par des « coquillards » chevronnés. Chaque soir, ils bénéficient de l'écoute fraternelle, parfois miséricordieuse, des hospitaliers du Camino, une maison diocésaine ouverte à tous.Antoine Peillon (au Puy-en-Velay), le 03/09/2017 à 7h50 Veille de départ. Les « coquillards » chevronnés échangent avec les novices. / IshtaDe Pâques à la Toussaint, les pèlerins de Compostelle sont accueillis, la veille de leur départ du Puy-en-Velay, par des « coquillards » chevronnés. Chaque soir, ils bénéficient de l'écoute fraternelle, parfois miséricordieuse, des hospitaliers du Camino, une maison diocésaine ouverte à tous.Parfois, une ombre passe dans le regard de Dominique Bourgin. L'énergique « responsable » (elle n'aime pas son titre de directrice) du Camino et du café des pèlerins a pourtant de quoi se féliciter au regard du succès des oeuvres de l'association diocésaine qui les gère, au sein d'une propriété de l'évêché du Puy-en-Velay (Haute-Loire), un hôtel aristocratique du XVIe siècle attenant à la cathédrale, au sommet de la ville (1).Mais, certains jours, les confidences de pèlerins sur le départ vers Compostelle pèsent lourd. Elle raconte, par exemple : « Il y a peu, nous avons reçu une maman qui était en pleine séparation conjugale et qui avait quitté subitement son domicile, sans organiser la garde de ses très jeunes enfants. Elle disait vouloir prendre le chemin sans aucune préparation ni équipement... J'ai essayé de la raisonner, mais ce fut très difficile. »Accueillir des pèlerins aux attentes si diversesAu registre des peines, elle poursuit : « Le même jour, une dame quinquagénaire arrivait de Compostelle, après plus de deux mois de marche. Ses enfants, de grands adolescents, lui avaient réservé la surprise de l'accueillir ici. Elle a manifesté un grand désarroi, expliquant qu'elle avait besoin de sortir très progressivement de sa solitude. »Lire aussi Blandine et Arthur, deux missionnaires sur le chemin de St-Jacques-de-CompostelleDe même, Dominique se souviendra toujours de « cet homme qui était venu pour mourir sur le chemin », dont le sac à dos était une véritable pharmacie et recelait une pochette imperméable où se trouvaient ses dernières volontés, ou encore de « cette mère, très agressive, qui avait perdu deux enfants à quelques jours de distance ».La responsable du Camino en est venue, confie-t-elle, à se poser cette question : « Suis-je à la hauteur ? » Un bénévole, vétéran du chemin, qui l'assiste ce jour-ci à l'accueil du Café des pèlerins, développe son approche des mêmes échanges : « Cela nous exerce à la miséricorde, laquelle n'exige aucune réciprocité, mais suppose la confiance, l'ouverture et le "croire-ensemble". Pour se déployer, ce bon accueil exalte la vie de l'autre au prix de l'effacement de soi. »Une diversité humaine et spirituelleSi le sac à dos des pèlerins est, dans certains cas, « lesté d'un sacré fardeau », beaucoup des quelque 16 000 personnes qui s'élancent, chaque année, depuis la cathédrale du Puy vers Compostelle (2), viennent pour célébrer des événements heureux : naissances, guérisons, anniversaires de mariage, passages à la retraite... Presque tous, aussi, expriment vivement leur besoin de « couper avec la société de consommation, avec le travail, Internet et le portable ».Au registre des joies, Dominique témoigne de la solidarité qui la lie à Anne-Cécile, une très jeune salariée du Camino, et à la vingtaine de bénévoles de l'association des Amis de Saint-Jacques du Velay. Bon nombre d'entre eux ont fait le pèlerinage. Ce sont « des femmes et des hommes âgés de 20 à 78 ans, de tous les profils socioprofessionnels : hôteliers, enseignants, mères au foyer, élus locaux... »Une diversité sociale à laquelle fait écho celle des spiritualités, puisque « des catholiques très croyants et pratiquants travaillent ici, main dans la main, avec des agnostiques » pour lesquels la tutelle diocésaine sur l'établissement ne représente aucune difficulté.Des échanges profonds, parfois personnelsChaque jour, de Pâques à la Toussaint, le Café des pèlerins ouvre les portes de sa terrasse, de son jardin ou d'une salle voûtée, quand il ne fait pas beau temps. Et chaque soir, entre 17 h 30 et 19 h 30, les Amis de Saint-Jacques du Velay prennent possession des lieux pour animer des réunions d'accueil au cours desquelles les coquillards expérimentés initient ceux qui prendront le chemin le lendemain matin aux us et coutumes du pèlerinage, avec ses difficultés, ses plaisirs, ses sens divers et variés. Les uns et les autres échangent beaucoup sur leurs motifs personnels, souvent intimes.Lire aussi : Au Puy-en-velay, pas à pas sur le chemin du jubiléDans la salle commune du Relais du pèlerin Saint-Jacques (3), trois hospitaliers bénévoles, Jeanine Calland, venue de Bourg-en-Bresse, Marie et Jean-Claude Pinaud, arrivés du Limousin, accueillent les pèlerins. Situé à 100 mètres de la cathédrale, l'établissement associatif, ouvert entre le 1er avril et le 15 octobre, dispose de 27 lits répartis en deux dortoirs et cabines individuelles, accessibles selon le principe ancestral d'une libre participation aux frais, le « donativo ».Un oeucuménisme en acteÀ l'apparition de Kristin Pieper, une jeune femme allemande qui boucle tout juste son pèlerinage de Genève au Puy, réalisé au pas de course en deux semaines seulement, Dominique Bourgin et ses trois amis hospitaliers ne dissimulent pas leur joie. « Recevoir, écouter beaucoup, renseigner, rassurer, accompagner à la messe, préparer de bons petits-déjeuners » : Jeanine, Marie et Jean-Claude définissent presque d'une seule voix leur mission.À quelques pas de leur havre, Monika Bláhová et Josiane Ganaye tiennent pareillement un « bureau des pèlerins ». Chaque matin, à la cathédrale, Monika, protestante allemande, proche de l'évêque catholique de Trèves (Rhénanie-Palatinat), bénit les pèlerins sur le départ pour Compostelle. Cet oecuménisme en acte la réjouit.Réfléchir, se retrouver, partagerCe soir, Josiane partage avec les touristes de passage son enthousiasme de pratiquante du chemin : « Il suffit de marcher et de prendre ce que chaque jour vous donne... » Un peu plus tard, Kristin, après avoir rangé son sac et ses chaussures de marche dans un local isolé du dortoir - punaises de lit obligent - ne tarde pas à rejoindre le Camino, où elle retrouve James, l'un des bénévoles des Amis de Saint-Jacques du Velay, Jacques Ezguilian, 70 ans, et son beau-frère Robert Gazarian, 65 ans, tous deux sur le départ pour Compostelle. « On ne domine pas le chemin, il faut laisser le chemin entrer en nous », avertit James.Jacques et Robert lui répondent, en écho : « Oui, pour nous, le pèlerinage sera aussi l'occasion de réfléchir à ce qu'est la vie, d'être chacun seul avec soi-même et avec la nature, mais aussi d'échanger nos idées et de casser la croûte ensemble. Ce sera aussi une façon de rendre hommage à nos parents. » Robert a perdu récemment ses deux parents ; la mère de Jacques est morte en octobre 2016, « juste avant d'avoir 100 ans ». Tous deux se disent attirés par la dimension spirituelle de la marche vers Compostelle.Une fraternité presque millénairePlus silencieuses, Kristin et Claire, une Haut-Savoyarde de 45 ans accompagnée d'un très beau golden retriever, épluchent les cartes topographiques et les guides, échangent sur les chaussures, le poids optimal des sacs, le soin qu'il faut prendre des pieds et du dos.Deux étages plus haut, le Père Bernard Planche, recteur de la cathédrale depuis septembre 2016, se dit frappé par « l'esprit pèlerin » de ces dizaines de milliers de personnes qui « se mettent en mouvement et viennent chercher quelque chose d'autre que ce que propose la société de consommation, sans doute une dimension spirituelle de la vie, en fait ». Il médite : « Apprendre à laisser le pèlerinage vivre en soi, c'est découvrir le chemin, la vérité et la vie. Partager les émotions, questionnements, souvenirs, problèmes des autres pèlerins permet de renaître à une vie nouvelle. »Une vie où, affirme-t-il, « la solidarité, l'hospitalité, la précarité matérielle et même la gratuité tissent la fraternité presque millénaire du camino de Compostelle ».Antoine Peillon (au Puy-en-Velay)à suivre : La Mecque reste la cible d'extrémistes Thèmes associés pèlerinageréagissez00réagissezVous devez être connecté afin de pouvoir poster un commentaireDéjà inscrit sur la Croix ?SE CONNECTERPas encore abonné ?ABONNEZ-VOUSà partir d'1EURRetour à l'articleretourau sommaireLes actualités de La Croix France Monde Économie Religion Culture Sciences & éthique Famille Sport Débats Blogs Vidéos Dossiers Urbi & Orbi La Croix International Plan du site Sitemap Nous contacter Service client Courrier des lecteurs Aide L'équipe Découvrir LA CROIX numérique Facebook Twitter Flipboard Nos services Abonnement Boutique Ebook Faire un don Inscription à la newsletter RSS Nos partenaires LES SITES DU GROUPE BAYARD BAYARD BELGIQUE BAYARD JEUNESSE EDITIONS BAYARD Groupe Bayard MILAN PRESSE Les dossiers de l'actualité MUZE NOTRE FAMILLE NOTRE TEMPS Phosphore CROIRE.COM EVEILALAFOI.FR LE MONDE DE LA BIBLE PANORAMA PÈLERIN POINTS DE REPÈRES PRIONS EN EGLISE Chantons en eglise Mentions légales - CGU - © 2017 - Bayard Presse - Tous droits réservés - @la-croix.com est un site de la Croix NetworkMentions légales - © 2017 - Bayard Presse - Tous droits réservés - @la-croix.com est un site de la Croix Network