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Les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle : un effet « Club Med » qui égare les pèlerins Actu Le Scan Politique International Economie Bourse Décideurs Le Scan Eco Sport24 Le Scan Sport Culture Lifestyle Madame Figaro Store Figaro Live Etudiant TVMag Santé Figarochic.cn Histoire Immobilier Nautisme Golf Figaroscope Voyage Enchères Vin Jardin Météo consult Annuaire santé avec PagesJaunes Le particulier Cadremploi La chaine météo Keljob Kelformation Explorimmo Propriétés Le Figaro Ticketac Cplussur Résultats élection Abonnez-vous Facebook Twitter Rechercher Menu En direct Le journal Suivre Recherche Politique Société Economie Monde Culture Menu Premium Abonnez-vous Menu En direct Le journal Actualité Le Figaro Premium Abonnez-vous International Politique Le Scan Politique Élections législatives Société Figaro Vox Politique Société Economie Monde Culture Vidéovox Blogs Figaro Etudiant Science & Environnement Tech & Web Figaro Magazine Figaro Santé Figaro Live / vidéos Blogs Diaporamas Infographies Toute l'actu Naturellement mieux Voir ma vie en lumière Economie Sport Culture Lifestyle Madame Le Figaro Premium Services Tous les sites du Figaro Home FIGARO VOX Vox Culture Les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle : un effet « Club Med » qui égare les pèlerins Par lefigaro.fr Publié le 28/08/2017 à 18:31 Après Le Puy en Velay, le plateau de l'Aubrac ouvre la route vers Saint Jacques de Compostelle. Crédits photo : PIXABAY FIGAROVOX/TRIBUNE - La haute fréquentation du chemin de Saint Jacques de Compostelle pousse les pèlerins à céder à l'instinct grégaire au long de la route. Pour deux d'entre eux, la solitude devrait pourtant demeurer au coeur de ce pèlerinage millénaire.

Antoine Athanassiadis et Aymeric de Lamotte, pèlerins de Saint-Jacques-de-Compostelle.

Du pied de la majestueuse cathédrale Notre-Dame-de-l'Annonciation du Puy-en-Velay, nous nous sommes lancés sur les chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle et avons cheminé douze jours, la plupart du temps séparés, à travers la Haute-Loire, la Lozère et l'Aveyron pour rejoindre Figeac. Douze jours à fouler la roche granitique de la Margeride, à traverser les plaines de feu de l'Aubrac où le vent dissimule les furtives morsures d'un soleil de plomb, et à serpenter dans les forêts luxuriantes de la vallée du Lot. Une promenade de santé comparée aux milliers de pèlerins qui creusent un peu plus profondément les marques de treize siècles de pas pour atteindre un lieu au destin mythique: Saint-Jacques-de-Compostelle. Nous avons parcouru un court tronçon certes, mais fort d'un vécu qui nous permet de tirer les impressions de ce pèlerinage qui meut le Vieux Continent depuis Charlemagne. Fuir la frénésie des villes? Revenir à soi dans la solitude de la marche? Raviver la flamme d'une foi assoupie? Rencontrer l'Autre? Nous n'avons pas la prétention de s'ériger en juges des raisons qui poussent les esprits et les coeurs à affronter les chemins, ni celle de prêcher sentencieusement ce qu'ils «sont». Nous avons pour seule ambition de mettre en avant une tendance, nuisible à nos yeux, qui fait son chemin sur les sentiers de Saint-Jacques: l'instinct grégaire, cet effet d'attroupement «humain trop humain». En un mot: un effet «Club Med». Voyez Jean-Luc et Véronique qui se rencontrent au départ de leur périple, se retrouvent à la prochaine étape conseillée dans leur guide, se racontent les premiers «bobos» qui surgissent, détaillent les signes avant-coureurs de fatigue, échangent avec gravité sur les peines et les récompenses du territoire. L'entente est cordiale, très vite les langues se délient et rejouent à l'envi la partition des petites conversations quotidiennes. L'affaire est entendue: Jean-Luc et Véronique réserveront le même gîte, dîneront ce soir à la même table et se feront la promesse de faire un bout de chemin ensemble dès le lendemain. Ce scénario s'écrira à plusieurs. Étape par étape, gîte après gîte, un groupe se sera formé. Compostelle aura filé - quelle belle randonnée! Mise en branle par la marche, la pensée solitaire suit un processus au long cours qui exige un effort lent et continu, d'où surgissent les souvenirs enfouis qui façonnent et les pensées qui fécondent. Que l'on ne s'y trompe pas: il ne s'agit pas ici de s'opposer à l'enrichissement évident qu'offre une rencontre spontanée entre individus mais de lutter contre ces réflexes de socialisation automatiques, presque désespérés, qui détournent les marcheurs de ce qui constitue, pour beaucoup, le sens même du pèlerinage, à savoir la solitude de la marche et son appel à la vie intérieure auxquels nous invitent les chemins de Saint-Jacques ; cet appel qui se tait au seuil des bistrots et se noie dans l'écume des bières qui s'entrechoquent et s'empilent. Cette solitude invite au ruminement de la pensée. Mise en branle par la marche, la pensée solitaire suit un processus au long cours qui exige un effort lent et continu, d'où surgissent les souvenirs enfouis qui façonnent et les pensées qui fécondent. L'exercice est exigeant mais productif lorsqu'il dépasse l'horizon des discours et des pratiques que l'on répète à satiété par désir de confort et de sécurité. En un sens, la marche solitaire est une prise de risque pour soi-même. Mais elle n'est pas pour autant un repli sur soi, le fait d'une solitude revêche: véritable décentrement, elle éveille nos sens, nous ouvre à la singularité spectaculaire de la nature, à la vitalité d'un territoire, et aux liens séculiers qui enracinent les hommes et les femmes dans une Histoire. Cette Histoire délivre ses secrets à la curiosité patiente de celui qui voudra bien s'arrêter et faire la rencontre fortuite - ce fut notre cas! - de Lucien Soulier, paysan et maire de la commune de Lajo pendant quarante-deux ans, de 1959 à 2001. Revenu de la guerre d'Algérie, il prenait les rênes de sa commune à seulement 26 ans, alors le plus jeune maire de France, afin de la «sortir de l'ornière», nous confiait-il d'une voix émue mais pleine d'une vigueur politique que le temps n'avait su estomper. Lucien échangeait tranquillement en occitan avec son épouse, Marie-Thérèse, à l'ombre de la Chapelle St-Roch. Poussés par la curiosité que suscitait chez nous ce patois local, nous les avons accostés timidement et Lucien nous projetait alors dans cinquante années d'histoire personnelle, qui était aussi celle du lieu et du terroir que nous foulions depuis l'aube. Des discussions distraites et le désir de suivre un programme de marche défini par avance nous auraient naturellement détournés de ces récits de vie qui foisonnent pourtant aux abords des chemins. Pour le pèlerin qui ne se contente pas de passer et de ne laisser pour trace que sa consommation des lieux, ces rencontres donnent au pèlerinage un sens particulier: une quête de soi inédite, ouverte sur le monde. L'expérience de la marche est peut-être l'opportunité de réévaluer, ici et maintenant, le sens de ce qui fait l'individu, son autonomie, et partant, le sens du vivre ensemble que l'on souhaite. Il resterait tant à dire à propos des chemins de Compostelle - qu'il suffise de penser au paradoxe de sa marchandisation croissante, qui à la fois encourage l'effet «Club Med» et favorise les économies locales parfois à bout de souffle. C'est que les chemins de Saint-Jacques nous disent quelque chose de notre monde contemporain. Dans nos sociétés non-réconciliées, qui créent souvent l'isolement généralisé des individus et exercent une pression à la segmentation sociale (une forme politique de l'instinct grégaire), c'est le sens même de notre rapport à soi et aux autres qui se défait. Or, par sa dimension intérieure, l'expérience de la marche est peut-être l'opportunité de réévaluer, ici et maintenant, le sens de ce qui fait l'individu, son autonomie, et partant, le sens du vivre ensemble que l'on souhaite. Renoncer à l'effet d'attroupement, privilégier l'intimité des rencontres, oser l'audace des discussions qui bousculent nos habitudes: par là, Compostelle fait, mieux qu'ailleurs, bouger les lignes et les frontières, celles des classes sociales et des formes de spiritualités qui trop souvent s'ignorent. Un rare îlot d'universalité. «Ultreïa!» lançaient les pèlerins: «Toujours plus haut, toujours plus loin!» La rédaction vous conseilleCompostelle: 30 histoires de grand chemin Publicité lefigaro.frjournaliste - Sa biographie977 abonnésSes derniers articlesMark Zuckerberg est de nouveau papaTempête Harvey: «Il n'y a jamais rien eu de tel», dit Trump Sur le même sujet < > Saint-Jacques-De-Compostelle Marcher, la meilleure façon de penserSur la route de Compostelle, l'accueil des pèlerins divise les hébergeursAubrac, un désert verdoyantShikoku, le Compostelle japonais Thématique : Saint-Jacques-De-Compostelle Vox Culture + récents + commentés + partagés Jacques Laurent / François Mauriac : les lettres face au pouvoirJean d'Ormesson : «Homère nous apprend beaucoup sur ce que nous sommes encore aujourd'hui»Marin de Viry: «Comment le tourisme de masse a tué le voyage»Albert Camus / Albert Camus : le prix Nobel et le premier homme Plus d'actualités Vox Culture Le figaro Premium Le Figaro en illimité et un plaisir de lecture inédit dans votre nouveau rendez-vous avec l'information. 1EUR le premier mois Publicité Réagir à cet article 44 commentaires bobmorane c vraiment du remplissage chacun fait ce qu'il veut Le 28/08/2017 à 22:43 AlerterRépondre Champilou "Il y a autant de chemins qu'il y a de fils d'Adam." Le 28/08/2017 à 22:37 AlerterRépondre Karine William Dans mes jeunes années de scoutisme, nous disions "la foi entre par les pieds"... J'en suis à mon second pèlerinage vers Compostelle, et je crois beaucoup à cet adage ! Le 28/08/2017 à 22:28 AlerterRépondre Shiker "...le sens du vivre ensemble que l'on souhaite" Quelle expression vide de sens. Compostelle ce n'est ni une rando, ni un défi sportif ou je ne sais quoi. Compostelle sans spiritualité n'a pas vraiment de sens, autant marcher vers d'autres destinations. Le 28/08/2017 à 22:05 AlerterRépondre 2227901 (profil non modéré) Je n'ai aucun avis sur la manière dont "il faudrait" vivre le chemin de Compostelle; Par contre, si je puis me permettre, l'humain médiéval était tout aussi humain que son descendant moderne. En conséquence, il me semble fort probable que les hordes de pèlerins d'antan ont dû, eux aussi, se regrouper et se dissocier suivant leurs affinités et leurs souhaits. Le 28/08/2017 à 21:58 AlerterRépondre Zorglub08 L'occitan, un patois local ! Faut vraiment être une triple buse inculte pour écrire une telle. Ineptie ! Le 28/08/2017 à 21:49 AlerterRépondre Ouvrons les yeux Il faut y accepter ce qu'on y trouve. C'est aussi ça, partir en pèlerniage : accepter de ne pas tout maîtriser. Dieu parle par des chemins parfois inattendus. On ne peut imposer UNE manière de faire le Chemin, il y a une démarche singulière pour chacun. Le 28/08/2017 à 21:42 AlerterRépondre Kazimod0 Je suis trop fainéant, je préférerais payer un pèlerin pour marcher à ma place. En revanche, en groupe à cheval avec les étendards, là oui. Le 28/08/2017 à 21:41 AlerterRépondre Kipiqaki Alternative pour revenir aux sources d'un pèlerinage sans cohue : la Via Francigena. Le 28/08/2017 à 21:41 AlerterRépondre epice38 Personne ne les oblige à s'arrêter dans des établissements, qu'ils marchent et nous foutent la paix ! Le 28/08/2017 à 21:26 AlerterRépondre 1 2 3 > Afficher plus de commentaires Précédent Suivant Passez votre annonce dans le Carnet du Figaro Découvrir Le Figaro dès 22h sur votre ordinateur Lire Suivez Le Figaro sur Facebook Découvrir Le meilleur de la presse quotidienne et magazine S'inscrire 10 astuces pour apprendre n'importe quelle langue facilement Découvrir Le vin du mois en exclusivité - prix direct propriété Découvrir Suivez l'évolution de vos conditions météo En savoir + Toutes les applications mobiles du Figaro Télécharger La boutique en ligne du Figaro Découvrir Charte Contact Mentions légales Publicité Résultats législatives 2017