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Guido Guidi, Fosso Ghiaia, Italie, 1971 © Guido Guidi/Fondation Henri Cartier-Bresson.

Une table, seule, dans une maison aux murs délabrés, deux chiens alanguis par le soleil, un arrêt de bus, tout est trivial dans les photographies de Guido Guidi. Et pourtant, tout semble important. Les objets les plus ordinaires, les scènes de la vie quotidienne prennent soudain une existence particulière.Travaillant d'abord la photographie en noir et blanc, Guidi, né dans le Nord de l'Italie en 1941, crée dans les premières années de sa carrière des séries s'inspirant du style direct et frontal des photographes américains comme Walker Evans, Robert Adams ou Lee Friedlander. Dans sa monographie A New Map of Italy, publiée en 2011, il explique : « J'ai préféré les endroits alternatifs, en lieu et place du cliché des destinations de vacances. Mon attention s'est toujours portée sur le paysage vu et vécu au quotidien. En même temps, j'ai choisi d'éviter tout stéréotype folklorique ou mythe historique, et de me concentrer sur la simple réalité actuelle ».Cette ambition, il l'applique pour Facciata, un projet dans lequel il décide de photographier pendant plus de dix ans, de 1971 jusqu'au début des années 1980, les façades des environs de sa ville natale, Cesena. Puis, de 1993 à 1996, il photographie les espaces transitoires en cours d'industrialisation qui séparent différentes villes d'Europe qu'il traverse en suivant, en voiture, un ancien chemin de pèlerinage reliant Saint-Pétersbourg à Saint-Jacques de Compostelle. Ce projet donnera lieu, en 2003, à un ouvrage intitulé In Between Cities.Images du temps

Guido Guidi, Preganziol, 1983 © Guido Guido/MACK.

À cette étude de l'espace, Guidi associe l'exploration des notions de temps et de lumière. L'artiste italien abandonne dès le milieu des années 1970 le noir et blanc et se consacre au travail à la chambre avec un film couleur. Cette technique du XIXe siècle, qui nécessite un temps de préparation long, ralentit et intensifie l'acte de regarder. Contrairement à des photographes comme Henri Cartier-Bresson, qui prennent des photos sur le vif pour saisir des détails puissants, Guido Guidi, comme un chasseur avec son piège, attend patiemment pour capter la véritable profondeur d'un objet et ses métamorphoses à mesure que change la lumière. Le travail à la chambre lui permet également d'avoir des photographies claires dans lesquelles la lumière est douce et diffuse.Il expérimente ainsi pour le projet Fiume (« rivière » en italien, en image ici) la photographie comme façon de saisir le temps et les variations successives de la lumière sur les bords de la rivière Savio, près de son domicile (voir la monographie publiée en 2010, aux éditions Fantombooks). Outre le paysage, Guido Guidi s'intéresse aussi à la notion de temps associé à l'architecture. Dans Preganziol, une série de seize photographies aux couleurs pastel, le photographe semble vouloir, ici aussi, explorer les jeux de la lumière naturelle entrant et sortant d'une pièce vide et délabrée. Mais ce travail complexe s'étend bien au-delà d'un simple exercice visuel. Dans cette série, le photographe tente à la fois de décrire l'espace physique de la salle et surtout de retranscrire une image du temps qui s'écoule lentement.L'architecture qui « se fait »Guido Guidi, #1176 01 29 1997 3:30PM Looking Southeast (vue de la Tombe Brion de Carlo Scarpa), 1997 © Courtesy de l'artiste.

Mais c'est sûrement dans son essai photographique sur le mausolée de la famille Brion, en Italie, considéré comme le chef-d'oeuvre de l'architecte Carlo Scarpa, que ces recherches sur les notions de lumière, de temps et d'espace s'illustrent le mieux. Les photographies réalisées par Guido Guidi révèlent la beauté de l'architecture aux lignes épurées. En se concentrant sur les particularités architecturales, l'artiste invite le spectateur à dépasser la simple vision d'ensemble du monument.« J'ai abordé l'architecture de Scarpa non seulement comme une oeuvre construite, mais aussi comme un instrument au travers duquel regarder le temps, ou mieux, l'architecture qui "se fait", les ombres sur les murs renvoyant à la projection originelle des volumes et de leurs innombrables transformations sur une feuille de papier », explique Guidi. Il a exploré jour et nuit, été comme hiver, les différents aspects du bâtiment et les variations de lumière sur ce dernier. En photographiant la tombe Brion de façon quasi-exhaustive, il a voulu retracer le raisonnement et l'imagination de l'architecte. Poétique et mouvante, la photographie de Guido Guidi magnifie avec la même douceur et la même patience les objets les plus communs comme les plus oeuvres les plus hors du commun.  Tweeter Suivre @exponaute GUIDO GUIDI 16/01/2014 > 27/04/2014 Fondation Henri Cartier-Bresson PARIS La Fondation Henri Cartier-Bresson présente une importante exposition de Guido Guidi, figure majeure de la photographie contemporaine itali... 34 jours restants PRESSE MEMBRES LES DERNIERS ARTICLES VOIR + LOIN Guido Guidi, photographe chasseur d'images INSTANTANÉS À Valence, « le paysage entre au musée » EN IMAGES La beauté berbère à la fondation Bergé-YSL ON A VU Le savoir-faire français exposé à l'aéroport de Roissy ENTREVUES Auguste, empereur « normal », au Grand Palais PANORAMIQUE Ecoute Voir : la sélection télé, radio, web de la semaine AJOUTER UN COMMENTAIRE Connexion | Contact | CGU | CGV | Données personnelles | Mentions légales | Presse | Recrutement | Agence | Publicité | Publiez vos expositions