À pied jusqu’à JérusalemÀ pied jusqu’à Jérusalem À pied jusqu’à RomeÀ pied jusqu’à Rome Compostelle info

Lève-toi et marche, Jérôme Kerviel Politique économie-social monde société culture savoir-vivre blogs chroniques alternatives Se connecter | Abonnez vous !   Politique Économie-social Monde Société Culture Savoir-Vivre S'abonner Blogs Chroniques Alternatives Lève-toi et marche, Jérôme Kerviel Dimanche 13 Avril 2014 à 05:00 | Lu 263 commentaire(s) Aude Lancelin  Imprimer     Augmenter le texte     Diminuer le texte Les nouveaux marcheurs des années 2010 ne sont ni des hygiénistes, ni des inspirés. Ce sont de drôles de pèlerins, autrefois hyperintégrés, désormais désorientés, qui cherchent à retrouver un nord. Capture écran : Nice-Matin (qui consacre un webdocumentaire à « La Longue marche » de Jérôme Kerviel à découvrir en cliquant sur la photo) >>> Chronique parue dans le numéro 885 de Marianne daté du 4 avril 2014 D'où vient cette nouvelle rage de se jeter ainsi sur les routes, d'avaler du paysage à la dure, un pied devant l'autre ? On avait vu l'ambassadeur et prix Goncourt Jean-Christophe Rufin conquérir le sommet des meilleures ventes de livres l'an dernier en prenant le chemin de Compostelle. Le généticien Axel Kahn publie aujourd'hui Pensées en chemin (Stock), récit de sa traversée d'un pays en sécession intérieure, des Ardennes jusqu'au Pays basque. Acmé du phénomène, Jérôme Kerviel, le trader fatal de la Société générale, lampiste prétendument démoniaque à qui la justice réclamait, il y a peu encore, près de 5 milliards d'euros, a entamé le 19 février dernier une longue marche de Rome à Paris, à l'issue de laquelle il devra un jour accomplir trois années de prison ferme. Les nouveaux marcheurs des années 2010 ne sont ni des hygiénistes, ni des inspirés. Ce sont de drôles de pèlerins, autrefois hyperintégrés, désormais désorientés, qui cherchent à retrouver un nord. Qu'ils soient couverts d'honneurs comme les deux premiers, ou couverts d'opprobre comme Kerviel, la petite main trop visible du marché, ils ne savent littéralement plus où ils en sont. Dans quel pays au juste ils se trouvent, pour Kahn. Dans quel monde exactement, pour Rufin, qui raconte qu'il a ainsi voulu connaître un « parcours de dépouillement », rompre avec le milieu de la diplomatie où, au Sénégal, il vécut un temps en gants blancs, entouré de gardes. Mais l'expérience la plus radicale, la plus métaphysique en définitive, c'est bien sûr Kerviel qui la vit, car elle est longue, la marche qui mène de cinq écrans simultanés jusqu'aux ampoules aux pieds. « Ne compter que sur la régularité de son pas, cela fait apparaître soudain la profusion de l'offre de marchandises, de transports, de mise en réseau, la démultiplication des facilités de communiquer, d'acheter, de circuler, comme autant de dépendances », lisait-on en 2009 dans le livre remarqué de Frédéric Gros, Marcher, une philosophie. Contre toutes les microlibérations, qui ne constituent jamais que des accélérations redoublées du système, la liberté du marcheur, c'est de redécouvrir la sueur, la lenteur des heures qui s'écoulent et, plus que tout, une sorte de soi éternel au-delà des masques, des fonctions, des identités.   Une vision sans doute bien idyllique d'un phénomène trahissant une tentative désespérée, forcément désespérée, pour échapper aux mille rets de la supposée aliénation contemporaine et de son rapport mutant au temps. Il est vrai que ces nouveaux marcheurs restent sacrément connectés : blog relatant son expérience au quotidien pour Axel Kahn, live tweets de ses exploits pédestres à travers l'Italie pour Jérôme Kerviel, best-seller à la clé pour Jean-Christophe Rufin, on est loin d'un renoncement mystique, loin de ces troubadours fous inspirés par le zen et lancés « sur les vieilles pistes du désert », ceux-là qu'évoquait Kerouac dans les Clochards célestes. On dira pourtant que c'est déjà un début. Un pas après l'autre décidément. Un kilomètre, ça n'use pas l'envie de croire. Tags : axel kahn, kerviel, marche, marcheur, rufin  Accueil     Envoyer     Imprimer     Partager Abonnez-vous à Marianne Numériqueà partir de 6 EUR Cette semaine dans Marianne La Une du moment Les médias américains ne comprennent rien à notre roquefort ! Lève-toi et marche, Jérôme Kerviel Cette semaine dans Marianne : Comment les Américains vont nous bouffer Nous Suivre Dans cette rubriqueSur Marianne vous aimez Pharrell Williams, l'homme de l'année Faïza Guène, une fille qui fait pleurer « Le Mal napoléonien » : débat avec Lionel Jospin « Le Mal napoléonien » : débat avec Lionel Jospin 10 Commentaires Faïza Guène, une fille qui fait pleurer 7 Commentaires Pharrell Williams, l'homme de l'année 6 Commentaires Les blogs Culture Jack Dion Le faux dévot et le drôle de chien Jack Dion De la dette de la finance à celle de la vie Jack Dion Le loubard et le coeur tendre Abonnez-vous à la Newsletter de Marianne Recevez tous les jours les meilleurs articles de Marianne.net Les mots de la semaine aga khan apt bayrou bellanger benguigui chine discours de politique générale dsk duflot eelv européennes 2014 fioraso front de gauche hamon hollande immobilier kagamé montebourg obama ps quiles remaniement rwanda résistance sarkozy tafta terrorisme tpp traité transatlantique valls Dans la même rubrique      Samedi 12 Avril 2014 Le Léviathan numérique   Samedi 12 Avril 2014 « Le Mal napoléonien » : débat avec Lionel Jospin   Dimanche 6 Avril 2014 Faïza Guène, une fille qui fait pleurer   Dimanche 6 Avril 2014 Pharrell Williams, l'homme de l'année "Le goût de la vérité n'empêche pas de prendre parti" A.Camus Marianne.net Légal Contact Marianne Plus Suivez Marianne Politique I Economie I International I Société I Culture & Médias I Blogs I Chroniques I Archives Mentions légales I Signaler un contenu illicite I CGU I Charte des commentaires I Fréquentation certifiée par l'OJD Service abonnement I Service modération I Webmaster I Rédaction de Marianne.net I Faire un stage I Publicité Numérique 6 EUR/mois I Magazine 7,5 EUR/mois Facebook Twitter RSS Newsletter © Marianne, droits de reproduction réservés - Marianne - 32, rue René Boulanger - 75484 Paris cedex 10 - Tel : +33 (0)1 53 72 29 00 - Fax : +33 (0)1 53 72 29 72