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Montaigne décrit la dévotion au voile de sainte Véronique à Rome (1581)

13 juin 2016 | Publié dans Histoires de pèlerins | Écrire un commentaire
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Le Christ portant sa croix sur le chemin du Golgotha - Dans la foule, sainte Véronique recueille sur un linge l’empreinte du visage de Jésus
Entre juin 1580 et novembre 1581, Michel de Montaigne entreprit un voyage jusqu’à Rome, en passant par l’est de la France, la Suisse, la Bavière et le nord de l’Italie.
 
Il est présent à Rome lors d’une cérémonie où l’on présente à la vénération des fidèles la
Véronique, c’est-à-dire le linge sur lequel sainte Véronique aurait recueilli l’empreinte du visage du Christ lors de sa montée vers le Golgotha :

« Ces jours-ci, on montre la Véronique qui est un visage ouvragé et de couleur sombre et obscure, dans un carré comme un grand miroir. Il se montre avec cérémonie du haut d’un pupitre qui a cinq ou six pas de large. Le prêtre qui le tient a les mains revêtues de gants rouges, et il y a deux ou trois prêtres qui le soutiennent. Il ne se voit rien avec si grande révérence, le peuple prosterné à terre, la plupart les larmes aux yeux, avec de ces cris de commisération. Une femme qu’on disait être spiritata, se tempêtait, voyant cette figure, criait, tendait et tordait ses bras. Ces prêtres se promenant autour de ce pupitre, la présentent au peuple, tantôt ici, tantôt là ; et à chaque mouvement ceux à qui on la présent s’écrient »

Michel de Montaigne, Journal de voyage

L’histoire de la Véronique

Selon une tradition ancienne qui remonte à l’évangile apocryphe de Nicodème au Ve siècle, la « Véronique » est un linge dont se serait servie une femme proche de Jésus pour essuyer son visage lors de sa montée au Golgotha, et sur lequel les traits du Seigneur se seraient miraculeusement imprimés. Arrivée à Rome aussi mystérieusement que le crucifix de Lucques, la relique devint un tel objet de vénération que voir la Véronique devint synonyme du pèlerinage romain.

Au VIIIe siècle, le pape Jean VII plaça la relique dans un oratoire qu’il fit construire au Vatican. Exposé au XIIe siècle au Latran, le voile fut transféré au début du XVIIe siècle à la Basilique Saint-Pierre de Rome, où il fut exposé pour la dernière fois à la vénération de fidèles en 1854. Il n’a fait l’objet d’aucune étude scientifique, mais les copies conservées à Rome et à Gênes rappellent l’image du saint suaire de Turin. Les spécialistes s’accordent depuis longtemps pour nier l’existence historique de la sainte femme éplorée à la sixième station du chemin de croix. Le nom serait une corruption du latin Vera Icona, l’« Image véritable ».

 
Lire l’article complet : La Véronique, symbole du jubilé romain

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