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Lever de soleil sur l’Indus à la hauteur d’Attock, où le Macédonien franchit le fleuve avec ses troupes

Où se situe la limite ? Jusqu’à quel point peut–on tenter de réaliser ses rêves ? Et s’il faut y renoncer, comment se prend alors la décision ? Quelle est ma part et quelle est la part des autres dans une décision importante qui oriente le cours de la vie ?

Ces questions, auxquelles j’ai été confronté lors de mes périples à pied au long cours vers Jérusalem et Rome, et que j’ai fait vivre dans les récits Pèlerin d’Orient et Pèlerin d’Occident, j’ai souhaité les aborder de manière plus large et sous une forme romanesque.

Un épisode de la vie d’Alexandre le Grand m’en a donné l’occasion :

Après huit ans de campagnes victorieuses qui lui ont permis de balayer la puissance perse et de se tailler un gigantesque empire depuis la Macédoine jusqu’à l’Afghanistan actuel, Alexandre le Grand, fasciné par l’Inde, veut conquérir ce pays réputé pour ses merveilles, et repousser les limites du monde connu jusqu’à l’Océan extérieur qui entoure la terre. Autour de lui cependant, la révolte gronde.

Depuis les confins montagneux de l’Ouzbékistan et de l’Afghanistan actuels où il emporte de vive force une citadelle qui abrite Roxane, « la Resplendissante », la conquête de l’Inde mûrira, se précisera et s’engagera durant dix–huit mois jusqu’à la dernière limite, le moment de vérité sur les rives du fleuve Hyphase où le conquérant invaincu affrontera la volonté de la multitude et les pressions de ses compagnons. Peut–il renoncer à ses rêves sans déchoir ?

Sur la toile de fond de l’épopée alexandrine, quatre hommes et deux femmes tissent leur destin mêlé d’histoire, de questionnements et de romanesque : à des titres divers le franchissement du fleuve cristallise pour chacun d’eux un moment crucial de l’existence. Pris dans le tourbillon de la conquête, des intérêts et des passions contradictoires, chacun devra trouver sa voie et tenter de décider pour soi–même et pour les autres.


Le manuscrit, achevé, est actuellement en attente d’édition.

Le roman
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Franchissement de l’Hydaspe

Roman


Pour être averti
de la parution :


Sir Aurel Stein (1862 -1943) est un archéologue et explorateur britannique d’origine hongroise, dont les travaux ont porté essentiellement sur les anciennes civilisations de l’Asie centrale. En 1926, il effectue un voyage dans le nord de l’actuel Pakistan, au cours duquel il identifie plusieurs sites mentionnés par les historiens des campagnes d’Alexandre : des forteresses dans la vallée du Swat, le site d’Aornos, ce « Roc » dont la prise constitué un des exploits les plus remarquables de la conquête macédonienne, et le site de la bataille de l’Hydaspe contre le roi indien Poros.

Le franchissement du fleuve Jehlum [appelé Hydaspe par les Anciens] en pleine crue et la victoire décisive qui s’ensuivit sur l’autre rive aux dépens de la formidable armée indienne qui s’opposait à lui est un des exploits militaires les plus remarquables qu’ait réalisé le grand capitaine macédonien, et s’inscrit parmi les opérations les plus brillantes de l’art de la guerre dans l’Antiquité.

Ce fut un événement d’importance historique remarquable et durable. Quoique l’avance victorieuse d’Alexandre dans le Pendjab n’ait pas abouti à une conquête permanente, ce fut la première des nombreuses invasions réussies de l’Inde par la frontière du nord-ouest dont l’histoire nous a conservé le souvenir. En raison des influences culturelles auxquelles cette victoire a ouvert la porte, elle marque une époque dans l’histoire de l’Inde.

De Taxila jusqu’à l’Hydaspe

Après avoir franchi l’Indus à la fin de son expédition contre Aornos, Alexandre avait été reçu avec hospitalité à Taxila, dont le roi avait offert sa soumission tandis que les forces macédoniennes étaient encore dans la vallée Peshawar.

Là il apprit la résistance que Poros, le roi puissant de la région au-delà du fleuve Hydaspe, entendait opposer à son avance. La mention de Taxila comme l’endroit d’où Alexandre partit pour rencontrer Poros donne un point de départ absolument sûr pour son parcours.

La position géographique de Taxila, le Takshasila de premiers textes indiens, a été identifiée il y a longtemps par Sir Alexandre Cunningham au site des ruines de Shahki-dheri, entre Hassan Abdal et Rawalpindi, sur le Chemin de fer du Nord-Ouest.

Salt Range - Pendjab

Salt range

Des découvertes épigraphiques et des fouilles fructueuses de Sir John Marshall ont depuis situé cet emplacement avec certitude. Cette localisation est d’autant plus importante pour nous que Strabon mentionne le parcours d’Alexandre depuis Taxila jusqu’à l’Hydaspe principalement en direction du sud, et que Pline indique que la distance entre Taxila et l’Hydaspe, mesurée par les arpenteurs d’Alexandre, s’établissait à 120 milles romains. (1)

Ainsi, la marche vers l’Hydaspe a probablement conduit Alexandre à travers la Salt range et le plateau accidenté qui se situe au nord-ouest de ces montagnes. Dans de nombreux endroits, le terrain présente des difficultés pour la progression d’une force importante. Mais à part un incident à la localisation incertaine rapporté par Polyen. (2), nous n’avons trace dans les chroniques d’aucune résistance armée avant qu’Alexandre n’établisse son campement sur les rives de l’Hydaspe et voie Poros sur le côté opposé, « avec toute son armée et ses éléphants autour de lui », comme dit Arrien. (3)

Des points de passage étroitement surveillés par l’ennemi

Alexandre vit clairement vu qu’il lui était impossible de traverser le fleuve à l’endroit où campait Poros, près des les rives de l’Hydaspe. D’autres points permettant un passage étaient aussi soigneusement observés par les détachements de l’ennemi. Aucun franchissement ne pourrait être tenté si Poros devait se déplacer au point de passage et s’y opposer avec ses éléphants, auxquels les chevaux des Macédoniens, qui n’étaient pas habitués à leur vue, ne pourraient pas faire face en prenant pied sur la rive.

Berges de la rivière Jhelum, appelée Hydaspe par les Anciens

Berges de la rivière Jhelum, appelée Hydaspe par les Anciens

Alexandre eut donc recours à une série de manœuvres de diversions le long de son bord de du fleuve afin de détourner et d’user l’attention de l’ennemi, tandis qu’il essayait de trouver un endroit où il lui serait possible de traverser le fleuve à l’insu des Indiens.

Finalement les feintes nocturnes entreprises par la cavalerie d’Alexandre firent leur effet et Poros cessa de sortir de son camp avec les éléphants pour se porter à la rencontre de telles menaces.

Mais l’obstacle physique majeur présenté par la condition de du fleuve demeurait. Car c’était la saison après le solstice d’été quand ses eaux, gonflé par les pluies et la fonte des neiges des montagnes rendaient le passage à gué impossible.

Le lieu du franchissement : une île déserte propice aux embuscades

À propos de l’endroit qu’Alexandre a finalement choisi pour franchir le fleuve, Arrien nous dit : « À 150 stades du camp, s’élevait un promontoire que tourne l’Hydaspe : en face , et au milieu du fleuve, s’offre une île déserte ; l’un et l’autre sont couverts de bois ; Alexandre, après les avoir reconnus, les jugea très propres à masquer le passage de ses troupes. »

La description par Quinte-Curce de l’endroit choisi par Alexandre pour traverser indique : « Il y avait dans le fleuve une île plus grande que les autres, couverte de bois, et propre à déguiser une embuscade ; non loin de la rive qu’occupait le roi était un fossé très profond capable de cacher non seulement de l’infanterie, mais même des cavaliers avec leurs chevaux. »

Arrien détaille les dispositions prises par Alexandre pour tromper les Indiens quant au lieu du franchissement. Une partie de ses forces sous les ordres de Cratère est laissée au camp avec ordre de traverser vers la rive opposée aussitôt que Poros aura retiré son formidable dispositif d’éléphants. Une autre partie sous les ordres de Méléagre est postée à mi-chemin entre l’île et le camp principal, avec ordre de traverser par détachements aussitôt dès que l’armée indienne se sera engagée dans la bataille.

Alexandre lui-même avec des troupes choisies parmi les cavaliers et les fantassins «  marcha dans le plus grand secret, gardant une distance considérable avec le fleuve, de telle sorte que l’on ne puisse pas voir son déplacement vers l’île et le promontoire d’où il avait l’intention de traverser vers l’autre côté. »

Bateaux en pièces détachées et radeaux de peau

À cet endroit, la plupart des bateaux précédemment apportés en pièces détachées depuis l’Indus avaient été transportés et secrètement assemblés. Les radeaux de peau soigneusement fournis auparavant avaient été préparés pendant la nuit.

Pluie de mousson

Durant la nuit, une violente tempête noya le bruit des préparatifs dans le fracas du tonnerre et la pluie. Vers l’aube le vent et la pluie cessèrent, et les troupes se dirigèrent vers l’île à bord des radeaux de peau et des bateaux. « Les éclaireurs de Poros ne s’aperçurent du mouvement des Grecs qu’au moment où ceux-ci touchèrent presque à la rive opposée. », rapporte Arrien. Alexandre lui-même s’était embarqué sur une galère à trente rames, avec ses gardes du corps et d’autres hommes choisis.

« Aussitôt que les soldats eurent dépassé l’île, ils se dirigèrent vers la rive, étant maintenant pleinement visibles de l’ennemi. » Tandis que les sentinelles galopaient pour porter les nouvelles, Alexandre débarqua, lui-même le premier et, prenant la tête de la cavalerie qui avait débarqué, se porta en avant.

« Le prince marchait à la tête contre l’ennemi, quand il reconnut qu’il était dans une autre île fort grande (ce qui avait causé son erreur) et qui n’était séparée de terre que par un canal assez étroit mais la pluie tombée pendant la nuit l’avait grossi au point que la cavalerie, ayant peine à trouver un gué, crut que ce bras du fleuve serait aussi difficile à passer que les deux autres. On le traversa cependant malgré la hauteur des eaux, les chevaux en eurent jusqu’au poitrail, et l’infanterie jusque sous les bras. »

(1) Cf. Strabon, Geograpbie, Livre xv. 92 et Pline, Histoire naturelle, Livre VI, 17
(2) « Alexandre, informé que Pittakos, neveu de Poros, était en embuscade dans un chemin, le long d’une vallée assez longue, mais qui n’avait que quatre stades de largeur, et une issue fort étroite, après avoir bien observé la nature du lieu, fit deux phalanges de sa cavalerie, commanda de faire route à gauche, et que chacun suivît son chef en cet ordre, jusqu’à ce qu’on eût les ennemis à droite ; et alors que la demi-phalange de la droite fît route à droite, et le reste toujours à gauche, jusqu’à ce qu’il se trouvât de front avec la queue de la demi-phalange qui aurait marché à droite.

Ayant donné ces ordres, il fit avancer sa double phalange en équerre ; et quand ceux de la gauche virent les derniers rangs de ceux de la droite, ils s’avancèrent contre les ennemis, en poussant des cris de guerre, et ceux de l’aile droite tournant à gauche, fondirent pareillement sur les Indiens. Ceux-ci craignant d’être enfermés, se hâtèrent de gagner l’issue étroite ; et dans ce tumulte les uns furent défaits par les Macédoniens ; les autres, et en plus grand nombre, se foulèrent aux pieds les uns les autres, et se détruisirent eux-mêmes. » Polyen - Stratagèmes, Livre IV, 21


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