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Lever de soleil sur l’Indus à la hauteur d’Attock, où le Macédonien franchit le fleuve avec ses troupes

Où se situe la limite ? Jusqu’à quel point peut–on tenter de réaliser ses rêves ? Et s’il faut y renoncer, comment se prend alors la décision ? Quelle est ma part et quelle est la part des autres dans une décision importante qui oriente le cours de la vie ?

Ces questions, auxquelles j’ai été confronté lors de mes périples à pied au long cours vers Jérusalem et Rome, et que j’ai fait vivre dans les récits Pèlerin d’Orient et Pèlerin d’Occident, j’ai souhaité les aborder de manière plus large et sous une forme romanesque.

Un épisode de la vie d’Alexandre le Grand m’en a donné l’occasion :

Après huit ans de campagnes victorieuses qui lui ont permis de balayer la puissance perse et de se tailler un gigantesque empire depuis la Macédoine jusqu’à l’Afghanistan actuel, Alexandre le Grand, fasciné par l’Inde, veut conquérir ce pays réputé pour ses merveilles, et repousser les limites du monde connu jusqu’à l’Océan extérieur qui entoure la terre. Autour de lui cependant, la révolte gronde.

Depuis les confins montagneux de l’Ouzbékistan et de l’Afghanistan actuels où il emporte de vive force une citadelle qui abrite Roxane, « la Resplendissante », la conquête de l’Inde mûrira, se précisera et s’engagera durant dix–huit mois jusqu’à la dernière limite, le moment de vérité sur les rives du fleuve Hyphase où le conquérant invaincu affrontera la volonté de la multitude et les pressions de ses compagnons. Peut–il renoncer à ses rêves sans déchoir ?

Sur la toile de fond de l’épopée alexandrine, quatre hommes et deux femmes tissent leur destin mêlé d’histoire, de questionnements et de romanesque : à des titres divers le franchissement du fleuve cristallise pour chacun d’eux un moment crucial de l’existence. Pris dans le tourbillon de la conquête, des intérêts et des passions contradictoires, chacun devra trouver sa voie et tenter de décider pour soi–même et pour les autres.


Le manuscrit, achevé, est actuellement en attente d’édition.

Le roman
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Taxila au temps d’Alexandre

Roman


Pour être averti
de la parution :


Taxila, sur la rive orientale de l’Indus, était la ville principale de plateau de Pother, au cœur de royaumes rivaux. Le plus grand des rois était Poros, dont le royaume jouxtait celui d’Abhisares dans la région de Hazara ; le troisième était Astes, le roi des huit tribus aryennes situées dans la capitale occidentale du Gandhara à Pushkalavati (aujourd’hui : Charsadda) et le dernier était le royaume de Massagain dans la vallée de Panchkora (la terre de la tribu Kuru-Panchala), au nord de la chaîne de Malakand.

« La ville de Taxila est placée dans un site admirable, au milieu d’une plaine fertile qu’embrassent de leurs ramifications les premières collines et que dominent de loin les cimes neigeuses de l’Himalaya, compensant la chaleur de ses étés par la fraîcheur de ses hivers et habitée, tout comme le Pendjab actuel, par une population intelligente et énergique, voire à l’occasion turbulente, sa position géographique à trois étapes seulement de l’Indus, sur la seule grande voie terrestre de communication entre le monde occidental et la péninsule indienne, la prédestinait à devenir un lieu d’échange privilégié pour les idées comme pour les marchandises. ». (1)

Arrivée d’Alexandre à Taxila

Éléphant de combat

L’historien romain du Ier siècle après J.-C., Quinte-Curce, raconte ainsi le séjour d’Alexandre à Taxila :

« Omphis régnait sur ces contrées ; il avait conseillé à son père, quand il vivait, de remettre ses États dans les mains d’Alexandre. Depuis sa mort, il avait envoyé demander au roi s’il voulait qu’il gardât le titre provisoire de souverain, ou qu’il attendît, en simple particulier, sa venue. Il lui fut permis de régner, sans que toutefois il osât profiter du droit qu’on lui laissait.

Il avait fait à Héphaestion un accueil favorable, au point de fournir gratuitement du blé à ses troupes ; mais il s’était abstenu de venir à sa rencontre, résolu de ne se mettre qu’à la discrétion d’Alexandre. Aussi, quand il le vit arriver, s’avança-t-il au-devant de lui avec son armée en bataille : des éléphants distribués dans les rangs, à peu de distance les uns des autres, offraient de loin l’aspect d’autant de châteaux forts.

Ami ou ennemi ?

Alexandre crut d’abord qu’il ne venait pas en allié, mais en ennemi ; et déjà il avait commandé à ses soldats de prendre les armes, et à sa cavalerie de se répandre sur les ailes, pour se préparer au combat. Mais l’Indien reconnut aussitôt l’erreur des Macédoniens, et, arrêtant la marche de son armée, il poussa en avant son cheval. Alexandre en fit autant : ami ou ennemi, il s’abandonnait à la loyauté du Barbare, ou à son propre courage.

Ils s’abordèrent, comme on put le voir à leurs visages, avec des dispositions amicales ; mais la conversation ne pouvait s’engager sans interprète : on en prit un, et le prince indien dit alors à Alexandre, qu’il l’était venu trouver avec son armée, pour lui remettre de suite toutes les forces de son empire ; qu’il n’avait pas voulu attendre que des garanties lui fussent apportées par des ambassadeurs. Il livrait sa personne et ses États à un monarque qu’il savait ne combattre que pour la gloire et ne rien redouter autant que le renom honteux de la perfidie.

Échange de présents

Charmé de la franchise d’Omphis, le roi lui donna la main, comme gage de sa foi, et lui rendit son royaume. Il avait cinquante-six éléphants dont il fit présent à Alexandre, en même temps qu’une grande quantité de bestiaux d’une taille extraordinaire. Dans le nombre étaient trois mille taureaux, animaux précieux en ces contrées, et particulièrement recherchés des rois.

Comme Alexandre lui demandait s’il comptait plus de laboureurs que de soldats, il lui répondit qu’étant en guerre avec deux rois, il avait plus besoin de soldats que de laboureurs. Ces rois étaient Abisarès et Porus ; mais Porus était le plus puissant : tous deux régnaient au-delà de l’Hydaspe, et, quel que fût l’ennemi qui les attaquât, ils étaient décidés à courir les hasards de la guerre. » (2)

La version concise d’Arrien

« Alexandre, après avoir passé l’Indus, sacrifie selon le rite grec, et arrive à Taxila, ville riche et populeuse, la plus grande de celles situées entre l’Indus et l’Hydaspe. Taxile, hyparque, et les Indiens reçurent, avec les plus grands témoignages d’amitié ce prince qui ajouta à leurs possessions celles des contrées voisines qu’ils lui demandèrent.

Il reçoit des envoyés d’Abhisares, roi des Indes vers les montagnes, qui lui députe son frère à la tête des principaux du pays ; d’autres lui apportent les présents de Doxaris.

Alexandre offre les sacrifices accoutumés ; fait célébrer des jeux gymniques et équestres ; établit Philippe satrape de la contrée ; et jette en garnison à Taxile les soldats que leurs blessures ont mis hors de combat. » (3)

Alexandre comble de richesses le roi de Taxila

Pièce achéménide – darique – 490 avant J.C.

« Après avoir, pendant trois jours, traité Alexandre avec toutes les largesses de l’hospitalité, le quatrième, [Omphis] lui fit voir ce qu’il avait fourni de blé aux troupes sous les ordres d’Héphaestion, offrit de plus au roi, ainsi qu’à ses courtisans, des couronnes d’or, et, en outre, quatre-vingts talents d’argent monnayé.

Alexandre, sensible à une telle générosité, lui remit tous ses présents, en y ajoutant mille talents tirés du butin qu’il traînait à sa suite, une grande quantité de vaisselle d’or et d’argent, aussi bien que des vêtements pris sur les Perses, et trente chevaux de ses écuries, harnachés comme ils l’étaient lorsqu’il les montait lui-même.

Cette libéralité, en lui assurant le cœur du Barbare, choqua vivement ses courtisans. Méléagre, entre autres, dit à table, dans la chaleur du vin, qu’il félicitait Alexandre d’avoir au moins trouvé dans l’Inde un homme qui valût mille talents. Le roi, qui n’avait pas oublié combien d’amers regrets il avait ressentis pour avoir tué Clitus, à cause de son trop libre langage, maîtrisa sa colère, mais ne put s’empêcher de dire que les envieux ne savaient qu’être leurs propres bourreaux. » (2)

Taxila et les sites de Jandial, Sirkap et Bhir

Où s’installèrent Alexandre et ses troupes à Taxila, et où furent-ils accueillis par Omphis ? Heureusement nous avons une description d’un temple par Apollonius de Tyane, né au début de l’ère chrétienne, et qui a visité Taxila :

Le temple décrit par Apollonios de Tyane

« Juste à l’extérieur des murs de la ville était un temple de près de cent pieds, construit en porphyre, abritant un sanctuaire, de petite taille au regard de la taille du temple et de ses nombreuses colonnes, mais cependant très beau.

Autour des sanctuaires était accrochée sur des tables de cuivre une représentation des exploits d’Alexandre et Poros. Les éléphants, chevaux, soldats et armures étaient réalisée en une mosaïque d’orichalque, d’argent, d’or et de cuivre oxydé ; les javelots, les lances et les épées en fer ; mais les métaux étaient si bien travaillés l’un dans l’autre avec une gradation si agréable des teintes, que toute l’image qu’ils formaient, la fidélité du dessin, la vivacité d’expression et la fidélité de la perspective, rappelaient le noble caractère de Poros.

Ce n’est qu’après la mort d’Alexandre que ces représentations furent placées dans le temple ; elles montraient Alexandre en conquérant et Poros lui-même comme vaincu et blessé, et recevant d’Alexandre le royaume indien. »

Ce temple est certainement postérieur au passage d’Alexandre, mais son emplacement doit avoir un lien avec le lieu où Alexandre demeura à Taxila. Ce temple est aujourd’hui localisé à Jandial, à moins d’un kilomètre au nord de site de Sirkap. Il est tracé selon un plan grec avec des colonnes ioniques, un sanctuaire intérieur et un vestibule extérieur. Il y a un couloir sur trois côtés et, au lieu de colonnes, un mur avec des fenêtres.

Le lieu du campement d’Alexandre et ses troupes

Temple de l’aigle à deux têtes - Taxila

Temple de l’aigle à deux têtes - Taxila

Entre cet endroit et l’ancienne cité de Hathial s’étend un terrain ouvert où les Grecs bâtirent ensuite la cité de Sirkap. Il semble que c’est sur ce terrain qu’Alexandre et ses troupes installèrent leur campement, et c’est la raison pour laquelle il devint important plus tard pour les Grecs.

À cette époque, la ville de Taxila se situait sur la colline de Bhir, où Alexandre aurait été accueilli par Omhis.

Sir John Marshall n’a découvert sur ce lieu aucune construction digne d’une telle réception, mais des fouilles récentes ont mis au jour les restes de bâtiments importants, dont l’un pourrait être le palais où Alexandre a été reçu.

Cette construction était une pièce large et spacieuse avec des murs exceptionnellement épais, très différents de toutes les autres constructions de cette époque sur la colline de Bhir découvert après la civilisation de l’Indus, ce qui indique à nouveau la fonction unique du site. Il semble que l’importance de ce lieu ait perduré jusqu’au moment où les Grecs ont construit leurs propres bâtiments. (4)

(1) A. Foucher cité par Louis de La Vallée Poussin - L’Inde au temps des Mauryas
(2) Quinte-Curce - Histoires - Livre VIII
(3) Arrien - Expéditions d’Alexandre - Livre VI
(4) History in Taxila

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