Histoire du pèlerinage romain

Pèlerins au jubilé de Rome en 1300
« Tous les chemins mènent à Rome », dit l’adage. Au cours des siècles, en empruntant les voies tracées au temps de l’Empire ou des chemins de traverse, une multitude de voyageurs et pèlerins se sont mis en route vers la Ville éternelle. Certains ont laissé des témoignages de leur parcours ou de leur séjour à Rome ; tous ont contribué à nourrir une histoire du pèlerinage romain.
Alors que des pèlerins commencent à se rendre sur les Lieux saints de Palestine dès le IIe siècle après J.-C. (on a gardé la trace, par exemple, de Méliton de Sardes qui se rendit en Palestine vers 160 et dont le voyage avait pour but spécifique la recherche sur le canon des Écritures saintes), le pèlerinage romain ne se fixa que tardivement, notamment à partir du moment où cessèrent les persécutions contre les chrétiens dans l’Empire romain (édit de Milan par l’empereur Constantin en 313).
Les martyres de saint Pierre et saint Paul furent un élément déterminant dans le développement du pèlerinage : on vient à Rome en premier lieu pour se recueillir sur leur tombe, et si l’on y vient aussi pour voir le pape, l’absence du Souverain pontife et de sa cour durant l’exil avignonnais au XIVe siècle ne dissuada pas les pèlerins de continuer à converger vers Rome. Dans l’histoire de la chrétienté en marche vers le Siège de Pierre, l’instauration du premier jubilé en 1300 par le pape Boniface VIII marqua un tournant important au Moyen Âge.
Rome et Constantinople
Après la disparition du monde judaïque de l’Église primitive, il ne reste que deux mondes prestigieux, mais sans aucune mesure : celui de Constantinople, la capitale choisie par les empereurs chrétiens et Rome qui essaie d’assurer son indépendance et son autonomie. Les croisés, quand ils prendront Constantinople en 1204, seront bouleversés par les cultes et la richesse des églises. À Rome, en revanche, il n’existe que des lieux saints assez humbles et quelques cénacles de traducteurs et de copistes. Le pouvoir pontifical romain est dans les limbes. Et du point de vue byzantin, ce pouvoir, même spirituel, est ignoré, négligé et presque inconnu. Les conciles convoqués pour traiter des grands problèmes de théologie se tiennent dans l’Église orientale et en langue grecque. Les évêques occidentaux y font pâle figure bien que certains soient des saints ou de grands confesseurs, car ils sont peu rompus à l’exercice de la langue et de la philosophie grecques. ![]()
Retour de Terre Sainte
Les pèlerins qui se rendent en Terre sainte dès le IVe siècle et qui relatent les difficultés de ce périple vont choisir comme terme du voyage de retour Rome, la capitale désormais reconnue du christianisme. Si le plan politique confirme le pouvoir et le rôle militaires des souverains de Byzance, Rome, bien que peu considérée et même méprisée en tant que province de cet empire byzantin, gagne en suprématie spirituelle et s’invente, peu à peu, un magistère fondé sur la promesse du Christ.
À la fin du Ve siècle, les pèlerins de tout l’Occident commencent à venir à Rome. On note aussi bien les fidèles dont parle l’évêque d’Auvergne en 467 que les païens nostalgiques qui viennent admirer et piller, dans les forums, les parcs et les ruines, les 3 785 statues répertoriées par l’Ostrogoth Théodoric au VIe siècle. Mais la foi l’emporte sur le paganisme et en 590 un récit décrit un pèlerinage important à Rome dont la situation est désespérée. Selon la tradition, saint Michel serait apparu et il aurait rengainé son épée. Cette vision étincelante rassure les foules et l’on décide de construire un édifice de reconnaissance. C’est là que, plus tard, s’élèvera le château Saint-Ange. Celui qui commandait cette cohorte de fidèles deviendra le pape Grégoire Ier, qui donnera à Rome un rôle essentiel.
d’après F. & G. Lanzi, Les pèlerinages romains, Bayard Editions–Centurion, 1999
Histoires de pèlerins
Au Moyen Âge
- Charlemagne, pèlerin impérial
- Deux moines érudits en voyage au IXe siècle
- Knut le Grand, roi du Danemark et d'Angleterre
- Gudrid Thorbjarnardottir, exploratrice au temps des Vikings
- Nikulás de Munkathverá, abbé islandais
- Eudes Rigaud, archevêque de Rouen
- Matthieu Paris, bénédictin anglais
- Râbban Sauma, envoyé du Grand Khan
- Dante au jubilé de 1300
- Giovanni Villani, chroniqueur florentin
- Pétrarque, pèlerin du jubilé de 1350
- Barthélémy Bonis, marchand de Montauban
- Désastre sur le pont Saint-Ange lors du jubilé de 1450
- Christian Ier, roi du Danemark
- Martyr, évêque arménien
Du XVIe au XVIIIe siècle
- Christophe Colomb
- Saint François-Xavier en Italie et à Rome
- Charles-Quint
- Joachim du Bellay
- Michel de Montaigne
- Un tailleur sicilien
- Maximilien Misson, un huguenot en Italie
- Boris Petrovitch Cheremetyev, un boyard de la cour de Pierre le Grand
- Le récit épistolaire du président de Brosses
- Jean-Baptiste Dupaty
XIXe et XXe siècle
- Chateaubriand à Rome et en Italie
- Lamartine à Rome et en Italie
- Stendhal à Rome et en Italie
- À pied depuis Singapour jusqu'à Rome
Voyage et littérature
- Saga de Njáll
- Une aventure galante lors du jubilé de 1350
- Onze mille vierges à Rome
- Une légende sur le chemin de Rome
Histoire du pèlerinage
Routes
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- Développement
- Jubilé et pèlerinage
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