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Pèlerin d’Orient - À pied jusqu’à Jérusalem

À pied jusqu’à
Jérusalem


Éditions Transboréal

2° édition : janvier 2009
Prix : 22,50 €

Récit

368 pages
99 photographies


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« Je glisse la clé de l’appartement dans la boîte aux lettres. Furtivement. Comme une lettre d’amour dans laquelle on a jeté toute son âme.

Dehors, rien n’a changé. Les Parisiens vont et viennent, pressés, comme tous les matins. Chacun dans son monde, aux dimensions que je trouve aujourd’hui bien étriquées. Il y a quelques semaines, j’étais encore l’un d’entre eux. Chaque jour plus écrasé par la pression des habitudes, des futilités ronronnantes et des manquements aux rêves inaccessibles.

Un jour, ça suffit, ce n’est plus tenable. Aujourd’hui, je pars.

Seul. À pied. Vers Jérusalem. »




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Pèlerin d’Occident - À pied jusqu’à Rome

À pied jusqu’à
Rome


Éditions Transboréal

Parution : janvier 2009
Prix : 22,50 €

Récit

368 pages
122 photographies









[paiement en ligne sur site sécurisé]

« Cette histoire, j’aimerais la raconter un soir à un petit bout de chou avant qu’il ne s’endorme. À cette fillette blonde, par exemple, une nièce qui a des yeux d’un bleu si clair, cerclé d’outre-mer, que j’ai donné son regard troublant à Roxane, princesse de Sogdiane, dans le roman historique sur Alexandre le Grand dont je viens d’achever l’écriture. Mon histoire, c’est seulement essayer d’offrir parfois à la vie une allure de conte de fées. Alors voilà : « Il était une fois… » […]

En somme, ce que j’aime dans le voyage, c’est la promesse. Arriver, à la rigueur, il le faut bien quand on est parti. « Être arrivé », c’est probablement le pire. Et si je préfère le voyage, c’est sans doute parce que, sur terre, les promesses sont rarement tenues. J’aurais pu citer cela comme une des raisons de partir vers Rome. J’en ai mentionné beaucoup d’autres, depuis Pavarotti jusqu’à saint Pierre, en passant par Goethe et Virgile. Mais au fond, je sais qu’une seule les résumerait toutes, et si l’on ne m’accordait qu’un mot, je lâcherais : « Peggy ».

Les récits
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Jérusalem: démographie, structures…

Introduction

Israël constitue une société d’immigration et de contrastes qui consacre une énergie non négligeable à l’auto-analyse, à l’observation. La démographie peut être définie comme une sorte de passe-temps national. Au-delà de cet aspect parfois anecdotique, cette science apparaît comme très chargée politiquement. Le recours aux projections démographiques est fréquent et n’est jamais dépourvu d’arrière-pensées politiques. Pour être complète, la présentation de la population de Jérusalem doit prendre en compte les grands clivages de la société israélienne, dont le plus important est celui qui oppose Juifs et Arabes.

L’État d’Israël et la Ville sainte

Israël et l’immigration

Au 31 décembre 1998, l’État d’Israël a atteint le chiffre de 6 millions de personnes, dont 4.8 millions de Juifs. Ce chiffre représente environ 37% de la population juive dans le monde. Cette proportion n’a cessé de croître depuis 1948. Au moment de la création de l’État, seuls 6% de la population juive dans le monde se trouvaient en Israël. Il faut remarquer que cette croissance est due aussi bien à l’immigration (juive) en Israël qu’à un vieillissement du peuple juif dans le monde et à une assimilation grandissante. La plupart des projections démographiques estiment que, très probablement, au cours de la seconde décennie du XXIe siècle (entre 2010 et 2020), l’État d’Israël renfermera la majorité du peuple juif dans le monde.

Jérusalem : court rappel

Jérusalem (Yerushalaïm en hébreu et al-Quds en arabe), est la capitale déclarée d’Israël (non reconnue par la communauté internationale) et la principale ville du pays, capitale de la Judée, située à 800 m d’altitude entre la mer Méditerranée et la mer Morte, à environ 93 km à l’est de Tel-Aviv-Jaffa. Centre administratif et religieux, la ville possède quelques industries, cantonnées dans ses faubourgs, et tire l’essentiel de ses recettes du tourisme, notamment des pèlerinages chrétiens ; en effet, ville sainte de trois religions, le judaïsme, le christianisme et l’islam, Jérusalem, dotée d’une atmosphère unique, est chargée d’histoire et de symboles. Officiellement, la ville qui abrite des lieux saints pour les trois religions monothéistes possède un statut international. C’est en tout cas ce que prévoit la résolution des Nations Unies adoptée en 1947. Dans les faits Jérusalem a été coupée en deux pendant vingt ans : au printemps de 1948, les armées israélienne et jordanienne s’emparèrent successivement de Jérusalem. Israël occupa la partie ouest de la ville, où se trouvent les quartiers modernes résidentiels et d’affaires, et la Jordanie, la partie est, comprenant la vieille ville. Les forces israéliennes contrôlaient, en outre, un couloir d’accès sur la côte, s’étendant jusqu’à Tel-Aviv-Jaffa. L’armistice signé le 3 avril 1949 entérina cette division de la ville entre les deux États rivaux. La guerre de 1967 a modifié la donne et a permis aux Israéliens d’occuper puis d’annexer la moitié de la ville, au grand dam de l’ONU. Le libre accès des Juifs au mur des Lamentations, situé dans la partie jordanienne, était d’ailleurs l’un des buts de ce conflit. Depuis, alors que ni la réunification de la ville ni son statut de capitale ne sont reconnus par la communauté internationale, les gouvernements israéliens ont favorisé l’installation de colonies juives dans la partie Est de Jérusalem. Ce peuplement relève d’une stratégie du fait accompli : le nombre de juifs passe en effet de 50 000 en 1979 à 120 000 en 1990 et, en 1993, au moment où les discussions israélo-palestiniennes débutent dans la capitale norvégienne (Oslo), ils sont majoritaires dans ce qui fut la partie arabe de la ville. Haut de page

Jérusalem et son paysage urbain

La ville

La ville de Jérusalem s’est développée autour du noyau de la vieille ville, entourée de murailles percées de portes, vestiges des constructions ottomanes du XVIe siècle, divisée en quartiers arménien, chrétien, juif et musulman. Le quartier chrétien, au nord-ouest, où se trouve la porte Neuve, est limitrophe de la porte de Jaffa : dans le quartier arménien au sud-ouest, et de la porte de Damas, dans le quartier musulman au nord. Dans le quartier musulman, partie nord-est de la vieille ville, se trouve la porte d’Hérode, la porte de Saint-Étienne et la porte Dorée, à l’est de laquelle se situent le mont des Oliviers et le jardin de Gethsémani. Le quartier juif, au sud-est, est fermé par la porte de Sion, qui ouvre sur le mont Sion et la tombe du roi David. Dans le même quartier se trouve la porte Double. Elle est sacrée pour les juifs en tant que symbole historique de la patrie juive et capitale du premier royaume juif. La vieille ville représente pour les chrétiens le lieu sacré où Jésus-Christ vécut ses derniers jours sur Terre. Elle l’est également pour les musulmans en tant que point de départ de l’ascension au ciel du prophète Mahomet. Tout autour de la vieille ville se trouve la ville nouvelle, qui s’est développée à partir du milieu du XIXe siècle. Elle s’étend sur les collines environnantes jusqu’aux cités-jardins, puis au désert. Ses larges avenues et ses immeubles modernes d’habitations et de bureaux contrastent avec les ruelles étroites et les bâtiments souvent vétustes de la vieille ville. C’est dans cette partie moderne de la ville que se trouvent les bâtiments de la Knesset, le Parlement israélien et les ministères, et que se concentre l’essentiel de la population juive de Jérusalem.

Les lieux saints

Le mur occidental, soubassement du mont du Temple

Le Mont du Temple : C’est une plate-forme comme suspendue dans les airs : elle surplombe, du haut de ses murailles qui peuvent atteindre 40 mètres de haut, toute la vieille ville et rayonne bien au-delà. Ce qu’elle donne d’abord à voir au visiteur qui s’en approche, ce sont ces immenses murs en blocs de pierre taillée longs parfois de 10 mètres. Ils ont été bâtis du temps d’Hérode le Grand, reconnu par les Romains comme roi des juifs, qui fit reconstruire à leur sommet le Temple juif, entre 19 avant J.C. et, pour l’essentiel, 9 après J.C.

On en possède des descriptions écrites assez précises. Toutes soulignent sa grandeur et sa magnificence : 50 mètres dans sa longueur, autant dans sa plus grande largeur et sa hauteur, sur une esplanade bordée de centaines de colonnes de marbre blanc, dont la hauteur pouvait dépasser 30 mètres. De gigantesques portes et escaliers menaient à l’esplanade elle-même. Mais après son incendie par les légions de Titus en 70 après J.C., il ne reste aujourd’hui du Temple lui-même, aucune trace matérielle à ce jour ; de l’enceinte hérodienne, quelques grandes portes d’accès et la majeure partie des murailles.

Un morceau d’entre elles, à l’ouest, fut appelé le mur des Lamentations par les chrétiens au Moyen Âge : les Juifs venaient y prier et pleurer leurs malheurs. Ceux-ci le dénomment simplement le "mur occidental" [le Kotel]. Ils le considèrent depuis quelques siècles comme leur lieu le plus sacré, d’autant que certains d’entre eux affirment qu’il a été construit sur les soubassements de la muraille qui ceinturait le premier Temple juif. Les archéologues, pour leur part, estiment plutôt que ne subsisteraient des restes de cette première muraille que dans l’actuel mur oriental.

La basilique du Saint-Sépulcre

Le Saint-Sépulcre : Bien que les souverains musulmans aient été tolérants à l’égard de la chrétienté et de ses lieux saints, le tombeau fut partiellement détruit en 1009 par le calife Hakim. La menace que représenta la conquête de Jérusalem par les Seldjoukides en 1078 poussa les croisés à conquérir Jérusalem, en 1099 ; ceux-ci y construisirent une nouvelle basilique, qui existe encore aujourd’hui. Sous l’église se trouve la crypte Sainte-Hélène, dans laquelle la mère de Constantin aurait trouvé la croix du Christ.

La rotonde du Saint-Sépulcre se trouve au-delà de la crypte. La nouvelle église, qui enclôt également le site présumé du Calvaire, le lieu de la crucifixion, fut consacrée en 1149. La chute du royaume des croisés après 1187 n’interrompit pas les pèlerinages car le nouveau souverain musulman, Saladin, renoua avec la tradition de tolérance des anciens califes et interdit toute profanation du Saint-Sépulcre. Au XIVe siècle, des moines catholiques et orthodoxes prirent soin de l’édifice, avec l’aide d’autres familles de chrétiens coptes et syriens, qui revendiquaient le droit d’accès au temple. Le dôme fut réparé au XVIIIe siècle puis de nouveau après l’incendie de 1810. D’autres travaux de reconstruction et de réparation suivirent en 1863-1868, puis au cours du XXe siècle.

Le dôme du Rocher

Le dôme du Rocher : à Jérusalem, tombeau surmonté d’un dôme situé sur l’ancien site du Temple de Salomon (détruit en 70 av. J.-C.), lieu où Abraham offrit son fils Isaac en sacrifice. Pour les musulmans, le site est sacré puisque pour eux c’est à partir de cet endroit que Mahomet monta au ciel pour y recevoir les commandements de Dieu. Une mosquée fut bâtie à côté du Rocher par le calife Omar après qu’il eut pris Jérusalem en 635.

La première mosquée fut sans doute construite en bois et plâtre ; elle fut détruite pour laisser la place à un bâtiment plus important, la mosquée al-Aqsa, commencée vers 690. Le grand tremblement de terre de 746 la détruisit, mais elle fut aussitôt reconstruite en intégrant le dôme du Rocher dans un vaste ensemble religieux. Remodelés par les croisés, les bâtiments, un temps aux mains des Templiers, furent restaurés par Saladin après qu’il eut pris Jérusalem.

Le dôme du Rocher, troisième lieu sacré musulman après la Kaaba de La Mecque, est, pour l’essentiel, tel qu’il était lorsque le calife Abd al-Malik en termina la construction dans les années 690 (une inscription commémore son œuvre), bien que le toit ait été refait à de nombreuses reprises. À l’intérieur se trouve le Rocher, considéré comme le plus ancien monument restant de l’architecture islamique ; sa forme fut sans doute inspirée par celle de l’Église du Saint-Sépulcre. Les non-musulmans ne furent autorisés à y pénétrer qu’à partir de 1855. Haut de page

Jérusalem : une démographie éprouvée

Faire de Jérusalem une ville juive

L’agglomération de Jérusalem

Lors des négociations précédentes, les Israéliens ont proposé que la problématique de la ville soit envisagée selon trois angles :

- Le premier concerne la vieille ville, c’est-à-dire les quartiers habités situés à l’intérieur des murs de celle-ci. Il s’agit en l’occurrence des quartiers chrétien, arménien, musulman et juif.

- Le deuxième s’intéresse aux frontières de la municipalité de la ville telles qu’elles ont été tracées par les Israéliens.

- Le troisième angle se rapporte aux frontières de ce que l’État hébreu qualifie de Grand Jérusalem. Cette dernière version de Jérusalem est le résultat d’une politique lancée par le gouvernement d’Itzhak Rabin. Depuis l’époque de Rabin jusqu’à aujourd’hui, Israël a tout fait pour que cette politique d’annexion de Jérusalem devienne un fait accompli. Ainsi, l’ancien Premier ministre israélien Ehoud Barak, a délégué au ministre travailliste Benyamin Ben-Eliezer la tâche de compléter ce projet de Grand Jérusalem en intégrant à l’intérieur des frontières de la ville les colonies juives qui se trouvent autour de Jérusalem, à commencer par celle de Goush Etzyon au sud (qui touche la ville de Bethléem) puis celle de Kokhav Yaakov au nord (qui se trouve dans le district de Ramallah).

La vieille ville

La vieille ville de Jérusalem

La superficie de la vieille ville de Jérusalem (c’est-à-dire celle située à l’intérieur des remparts) est de 0.86 km². La vieille ville est divisée en quatre quartiers :

- Le quartier chrétien, où vit une population de 4 600 habitants. On trouve dans ce quartier quarante monastères, dont le plus grand et le plus vieux est celui des Grecs orthodoxes. Notons que, selon les habitants de la vieille ville, il y avait, avant la création de l’État d’Israël, 40 000 chrétiens à Jérusalem.

- Le quartier arménien, où vivent 2100 habitants.

- Le quartier juif, peuplé de 2 400 habitants. Immédiatement après la guerre de 1967, Israël a détruit le quartier de Sharaf ainsi que le quartier Moughrabi (quartier des Maghrébins), contigus au quartier juif, et en a chassé ses habitants palestiniens pour pouvoir élargir l’espace autour du Mur des Lamentations. Le territoire de ces deux quartiers détruits a été annexé au quartier juif.

- Le quartier musulman, peuplé de 31 000 habitants, où se trouve l’esplanade des Mosquées.

Outre l’annexion du quartier Moughrabi et de celui de Sharaf, qui a permis une expansion du quartier juif au détriment des Palestiniens, Israël a délibérément favorisé, par le biais d’organisations juives, l’installation de foyers juifs dans les quartiers non-juifs de la ville, dans l’intention d’augmenter le nombre d’habitants juifs dans la vieille ville et de renforcer ainsi sa mainmise sur celle-ci. Cette politique s’inscrit dans le cadre d’une guerre démographique qui a été lancée en 1967 et qui vise à faire pencher la balance démographique en faveur des Juifs.

Les frontières municipales de Jérusalem-Est

La superficie de Jérusalem-Est, telle qu’elle est dessinée par les Israéliens, est de 72 km². À l’époque jordanienne (avant 1967), elle ne dépassait pas 6.5 km². Depuis lors, Israël a inclus à l’intérieur des frontières de la ville des villages et des banlieues tels que Kafr Aqab, Beit Hanina, Et Tour, Silwan, Sharafat

Il y a 230 000 palestiniens à Jérusalem- Est. Toutefois, selon les chiffres israéliens, il n’y en aurait que 191 000. Face à eux, il y a 183.800 Israéliens, qui vivent dans des colonies créées à l’intérieur de Jérusalem-Est. La politique israélienne, dont l’objectif est de renforcer la présence juive à Jérusalem, et surtout dans sa partie orientale, oblige les Israéliens à contrôler le nombre d’habitants arabes afin que celui-ci ne dépasse pas 22% du total des habitants de la ville, Ouest et Est confondus. Pourtant les dernières statistiques israéliennes ont de quoi inquiéter les responsables israéliens. En effet, selon ces chiffres, la proportion d’Arabes à Jérusalem atteindrait les 35%.

Le Grand Jérusalem

C’est dans ce contexte qu’apparaît le plan du Grand Jérusalem, qui intègre à la ville les colonies juives qui sont devenues de grandes cités- entourant celle-ci. Sont ainsi incorporées à l’intérieur des frontières de Jérusalem, les 14 colonies de la région de Goush Etzyon au sud de Jérusalem, la colonie qui doit être bâtie sur le djebel (maquis/montagne) Abou Ghneim (Har Homa), Ma’ale Adoumim, dont la superficie est pratiquement supérieure à celle de Tel-Aviv, Almon et Adam (nord-est) et même Psagot et Kokhav Yakoov au nord. Les milliers de Juifs qui vivent dans ces colonies équilibrent en quelque sorte la balance démographique. Dans ces conditions, le Grand Jérusalem, avec sa partie orientale et occidentale et ses colonies, s’étend pour englober une population de 600 000 Juifs avec une minorité arabe qui ne devrait pas dépasser les 200 000 habitants. L’annexion de ces colonies à Jérusalem s’accompagnerait également de l’annexion de terres qui dépendent de ces colonies. Jérusalem aurait donc aujourd’hui une superficie totale de 550 km², ce qui représente près de 10% du territoire de la Cisjordanie.

"Une guerre démographique"

Jérusalem est donc confrontée à un désir de judaïsation de la part d’Israël. La ville sainte représente en effet un enjeu démographique conséquent.

Une étude israélienne sur Jérusalem souligne que la population arabe s’accroît beaucoup plus vite que la population juive (trois fois plus vite précisément). Les chercheurs de L’Institut d’Etudes Israéliennes (IEI) prévoient que, si ce différentiel de croissance se maintient, les Arabes formeront dans vingt ans 40% de la population de la ville, contre 31% actuellement. Israéliens et Arabes se disputent la partie orientale de la ville. Les deux tiers des habitants de Jérusalem sont Juifs, mais cette étude révèle que la proportion de Juifs parmi les 646 000 habitants a chuté à un nouveau minimum historique fin 1999.

Plusieurs facteurs sont la cause de ce différentiel parmi lesquels l’accroissement naturel des habitants arabes, ainsi qu’une augmentation du nombre de Juifs ayant décidé de quitter la ville. L’étude établit qu’entre 1967 et 1998 la population juive a augmenté de 121% tandis que la population arabe croissait de 186%. La croissance moyenne de la population juive en 1998 était de 25 pour mille contre 34.7 pour mille du côté arabe.

Lors des derniers pourparlers avec les Palestiniens, en juin 2000, Ehoud Barak a été le premier dirigeant israélien à envisager d’étendre les limites de la Jérusalem juive situées en Cisjordanie et, parallèlement, de transférer à l’Autorité palestinienne la souveraineté sur certains secteurs arabes de la ville. L’IEI a donc fait à Ehoud Barak des suggestions alternatives qui permettraient, en redessinant les limites municipales, de faire d’une nouvelle Jérusalem israélienne une ville juive à 95%.

Implantations juives dans la vieille ville de Jérusalem

Pour ce faire, les organisations extrémistes juives, soutenues financièrement par le gouvernement israélien, qui assure également leur protection, ont réussi par diverses combines à acheter des immeubles dans le quartier musulman, où elles possèdent désormais 55 habitations. Dans le quartier chrétien, en revanche, les Israéliens ne contrôlent que deux habitations. Il s’agit du monastère Saint Jean, que les colons, qui prétendent l’avoir acheté, occupent depuis 1989, et d’un autre bâtiment que le gouvernement jordanien louait avant 1967 à des responsables d’une Église chrétienne et qu’Israël a transformé en local pour la municipalité de Jérusalem.

Il est difficile de savoir précisément quelles sont les possessions israéliennes dans le quartier arménien. Néanmoins, Israël posséderait un quart des bâtiments de ce quartier. L’intérêt des Israéliens pour ce quartier, qui s’est manifesté très clairement lors des pourparlers de Camp David, s’explique parce qu’il est contigu au quartier juif. Dans ce contexte, on comprend mieux les raisons des démarches incessantes effectuées par les Israéliens auprès des responsables de l’Église arménienne pour acheter ou louer par tous les moyens des logements dans ce quartier.

En l’occupant militairement et en y disséminant des postes de police dans les quartiers chrétiens et musulmans, Israël contrôle totalement la vieille ville de Jérusalem tout en octroyant quelques pouvoirs très limités aux responsables religieux pour qu’ils puissent gérer leurs affaires courantes. Quant à l’esplanade des Mosquées, Israël en contrôle les entrées, le pourtour et les contreforts. Les Palestiniens n’y ont aucun pouvoir sur les agissements des ministères et autres départements israéliens, en particulier sur les archéologues israéliens, qui peuvent effectuer des fouilles à leur guise malgré les nombreuses protestations palestiniennes.

Quelques exemples :

Pour réaliser cette politique de judaïsation, un arsenal juridique a été mis en place :

- "loi des absents" qui consiste à confisquer une maison arabe non occupée par son propriétaire.
- Extrême difficulté voire quasi-impossibilité pour un palestinien d’obtenir un permis de construire.
- Les nouveaux immigrants sont incités à s’installer dans le Grand Jérusalem.
- Aucun Palestinien de Cisjordanie ou de Gaza n’est autorisé à dormir en Israël. Pour rentrer dans la ville sainte, il doit obtenir un permis, réservé à certaines catégories de personnes.
- La conséquence de ces mesures est de vider Jérusalem-Est de ses habitants palestiniens au profit de Juifs. Haut de page

Une ville affaiblie sur plusieurs fronts

Économie : Jérusalem-Est ferme ses portes

Pression du fisc israélien, baisse du tourisme et fuite des investisseurs arabes accélèrent la faillite économique de la Ville sainte.

L’hôtel Al Watani [ Le patriote] a été durant de longues années l’un des hôtels les plus prestigieux de la ville arabe de Jérusalem. Mais, récemment, ses lumières se sont éteintes, et un écriteau a été accroché à la porte d’entrée qui disait : "L’hôtel est fermé". Cette fermeture est due, selon les responsables de l’établissement, à l’accumulation de dettes réclamées par le fisc israélien, au renforcement de l’embargo israélien sur la ville, à la baisse du trafic touristique, ainsi qu’à la fuite des investisseurs.

En effet, les investisseurs arabes, qui sont en train de fuir la ville, cèdent désormais leurs places petit à petit à des entrepreneurs israéliens. Alors que les bulldozers en sont encore à creuser les fondations d’un hôtel palestinien, trois hôtels israéliens ont déjà été construits dans la zone qui séparait jadis les parties orientale et occidentale de la ville de Jérusalem.

Selon Ahmad Hashem Az Zaghir, président des chambres de commerce, de l’industrie et de l’agriculture palestinienne, la pression fiscale sur les palestiniens est devenue insupportable. "Nous assistons aujourd’hui sur le terrain à une véritable guerre entre les commerçants et les institutions gouvernementales israéliennes, qui les pourchassent quotidiennement."

Selon une étude intitulée "Les effets de l’Intifada d’al-Aqsa (mosquée de Jérusalem) sur l’économie et le commerce dans la ville de Jérusalem." et préparée par la chambre du commerce de Jérusalem, le taux de suppression des réservations dans les hôtels de Jérusalem est de 94%. Par ailleurs, le montant des dégâts enregistrés dans le secteur du tourisme entre octobre 2000 et mars 2001 serait de 50 millions de dollars [55 millions d’euros].Les restaurants touristiques ont subi des pertes évaluées à 5 millions de dollars. Quant à la centaine de guides touristiques travaillant dans la vieille ville de Jérusalem, leur manque à gagner est d’un million de dollars environ pour la même période. En outre, le secteur du transport touristique à Jérusalem -environ 145 bus- est également touché. Les dettes accumulées dans ce secteur depuis le début de l’Intifada sont évaluées à 13.5 millions d’euros.

Dans le même quartier que l’hôtel Al Watani, de nombreux commerces ont été obligés de fermer leurs portes. Selon Ahmad Hashem Az Zaghir, un nombre croissant de commerçants palestiniens songent à tout laisser tomber. "Même le quartier chrétien de la vieille ville de Jérusalem subit de plein fouet cette récession économique". Les commerçants du quartier chrétien ainsi que de la Via Dolorosa sont effectivement très dépendants d’une activité touristique qui est pratiquement au point mort aujourd’hui. Par conséquent, les souks historiques de la Vieille Ville sont à moitié déserts, si ce n’est quelques vendeurs assis devant leurs devantures attendant des touristes hypothétiques qui ont déjà été influencés par des guides israéliens leur conseillent de ne pas acheter de bibelots chez les commerçants arabes de Jérusalem-Est.

L’industrie n’échappe pas à la règle et subit également les effets du blocus israélien. Sa capacité de production a diminué de 88% du fait des difficultés à distribuer ses produits, ainsi qu’à recevoir des matières premières, sans compter les difficultés quotidiennes des ouvriers palestiniens pour se rendre sur leurs lieux de travail. Le secteur industriel palestinien est également affecté par la concurrence des produits chinois et turcs très bon marché qui inondent désormais le marché palestinien.

Grands travaux : une route qui isole les Arabes

Afin de relier les colonies juives de l’est de la Ville sainte aux quartiers ouest, les Israéliens veulent construire une voie express, en partie souterraine.

Khalil Toufakdji, directeur de la section des cartes et plans à la maison de l’Orient à Jérusalem, a récemment déclaré que le gouvernement israélien avait donné son accord pour que débutent les travaux d’une route de contournement réservée aux colons juifs. Cette voie devrait contourner la ville de Jérusalem par l’Est et faire la liaison avec les colonies juives par le biais de tunnels qui permettraient à Israël de contrôler le "sous-sol" des quartiers arabes de Jérusalem-Est.

Les Palestiniens, qui ont pris connaissance de ce projet, estiment que cette route, qu’ils ont surnommée "la Ceinture", représente un grand danger pour eux dans la mesure où elle va engloutir des territoires palestiniens situés à Jérusalem. Ce projet signifie également la destruction de dizaines de maisons appartenant à des Arabes.

Le gouvernement israélien a déjà débloqué 200 millions de dollars pour creuser cette route, qui entrerait en service d’ici deux ans. Cette voie de contournement devrait relier Jérusalem-Est à Jérusalem-Ouest par des tunnels, ainsi que par un pont surélevé, et séparer complètement des villages palestiniens de la périphérie des autres parties de la ville dépendant de la municipalité de Jérusalem-Ouest. Ainsi, les habitants des villages palestiniens d’As Sawahira, d’Isawiya, de Sour Bahir, d’El Eizariya et d’Et Tour ont été très surpris lorsqu’ils ont découvert dans leurs rues des affiches, posées par la municipalité de Jérusalem-Ouest et signées du maire Ehoud Olmert, leur annonçant que 0.65 km² de leurs terres allaient être réquisitionnées pour des raisons liées à l’"intérêt public". Il était également précisé sur ces affiches que les propriétaires palestiniens concernés devaient s’adresser à la mairie dans les deux mois s’ils voulaient obtenir une compensation financière, à condition d’être toutefois en possession de titres de propriété.

Selon Khalil Toufakdji, cette route de contournement de 15.5 km s’inscrit dans le cadre d’un réseau de voies déjà existantes. Ainsi le tunnel d’Ash Shayah, reliant la colonie de Ma’ale Adoumim à Jérusalem-Ouest, permettra à l’Israélien qui l’emprunte de ne jamais passer par les quartiers arabes d’Ash Shayah et d’El Eizariya. Idem pour le tunnel qui doit passer sous le mont Scopus.

Toutes ces routes, estime Khalil Toufakdji, n’ont pour but que d’encercler Jérusalem : par l’ouest par la route 4 ; par l’est par ce projet de ceinture. "Ces voies de contournement ont pour but à la fois d’éviter aux Israéliens de traverser des territoires palestiniens tout en gardant le contrôle de leur sous-sol. Par ce réseau de routes, les Israéliens entendent séparer complètement Jérusalem des territoires peuplés de Palestiniens, qu’ils peuvent ainsi mieux contrôler." Haut de page

Conclusion

Le grand Jérusalem

À la suite de la guerre des Six Jours, Israël occupe Jérusalem-Est (la Vieille Ville et le quartier arabe moderne). Le gouvernement israélien décide la réunification de la ville, s’engageant à garantir la liberté religieuse et la protection des lieux saints. En 1980, Jérusalem est unilatéralement proclamée capitale de l’État d’Israël. Les pays arabes acceptent difficilement cet état de fait, et de nombreuses nations refusent de reconnaître la souveraineté israélienne sur la totalité de la ville.

Économie

Depuis 1967, la ville a connu une croissance rapide, les limites municipales de la ville n’ont cessé de s’élargir. Désormais les frontières de Jérusalem englobent, en plus de la partie orientale historique, près de 10 % de la Cisjordanie occupée. La Grande Jérusalem compte 630 000 habitants [en 1994], dont plus des trois quarts sont juifs. On a assisté au développement des fonctions politiques et culturelles, à un timide effort d’industrialisation et à une volonté d’enraciner la présence juive dans les quartiers arabes et tout autour de la ville. Le tourisme est un facteur économique important. Les principales activités sont par ailleurs : l’industrie du diamant ; la fabrication d’appareils électroménagers, de meubles, de produits pharmaceutiques et chimiques, de plastique ; le textile et l’habillement ; l’imprimerie et l’édition.

Les quartiers anciens

La Vieille Ville, entourée de murailles et qui abrite la plupart des lieux saints des trois religions du Livre, est divisée en quatre quartiers : le musulman, le juif, le chrétien et l’arménien. Le quartier juif, détruit entre 1949 et 1967, pendant la période de contrôle jordanien, a été restauré. Le Mur des lamentations, lieu le plus sacré du judaïsme, est l’un des contreforts qui soutenaient la plate-forme monumentale de l’édifice commandé par Hérode. Le Dôme du Rocher avec sa coupole dorée et la mosquée al-Aqsa dominent le mont Moriah et constituent après La Mecque et Médine le troisième lieu saint des musulmans. La Via Dolorosa, qui suivrait le parcours de Jésus vers le Calvaire (chemin de la croix), et l’église du Saint-Sépulcre, construite à l’emplacement du tombeau du Christ, sont les lieux saints du christianisme. Des boutiques (souks) bordent les rues étroites de la Vieille Ville. Les maisons sont regroupées autour de cours cernées de hauts murs. Actuellement les Israéliens cherchent à repeupler la Vieille Ville.

La Nouvelle Ville

L’expansion de la Nouvelle Ville, édifiée essentiellement par les Juifs, remonte au XIXe siècle. C’est dans cette zone, sous contrôle israélien pendant la période de la partition, que se trouvent la plupart des édifices gouvernementaux. Le musée d’Israël, qui abrite des collections d’art et d’archéologie, se situe au sud, ainsi que le sanctuaire du Livre, où sont conservés les manuscrits de la mer Morte. Plus à l’ouest se dressent de hauts immeubles résidentiels.

L’enjeu géopolitique a été profondément transformé par le pouvoir israélien qui vise à empêcher à tout jamais la redivision de la ville. La stratégie territoriale fut guidée par un double objectif : réduire la présence arabe et renforcer celle des juifs. Les limites municipales qui empiètent largement en Cisjordanie sont très sinueuses : elles cherchent à inclure le maximum de terres mais le minimum de villages arabes. De nouveaux quartiers juifs sont construits en grand nombre (Ramat Eshkol, Ramot, Neve Yaakov, Gilo, etc.). La continuité territoriale entre ces nouveaux quartiers est un objectif plus récent. L’immigration russe donne au gouvernement les ressources humaines supplémentaires pour le réaliser. Face à cette politique se développe une contre-stratégie arabe. Aux marges de la Grande Jérusalem, villes (Ramallah, Bethléem) et villages arabes connaissent une très forte expansion et cherchent à ceinturer Jérusalem-Est pour proclamer la prépondérance arabe de la ville contestée par les Israéliens (construction de routes…)

Ce texte provient du site http://studio-jerusalem/jerusalem qui n’est désormais plus en ligne.
Merci aux auteurs de m’indiquer s’ils souhaitent que j’en supprime la publication sur ce site.

Prétendre à l’exhaustivité ou à l’impartialité serait hasardeux sur un tel sujet, dans lequel les faits, leur interprétation et les sentiments qui y sont attachés sont vécus de manière si différente entre les parties. Ce texte expose une certaine vision de la situation, qui est factuelle sur de nombreux points et même si elle peut paraître biaisée sur d’autres, elle est déjà un bel essai de compromis pour décrire la situation extraordinairement complexe de ces lieux.

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